Le Royaume d'Ekiard

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 Petites anecdotes sur notre ami Ekar ^^

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Ekar
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MessageSujet: Petites anecdotes sur notre ami Ekar ^^   Sam 28 Jan - 20:27


Une journée ordinaire




Ekar se réveilla. Il fronça les sourcils en voyant à nouveau les murs décrépits de sa chambre. Les mêmes murs, avec cette même tâches de sang ou de vomis sur le côté de la fenêtre qui laissait passer le vent. Et il verrait encore cette vielle table branlante, cette chaise trouée de termites et le parquet qui se mettrait à craquer au moindre de ses pas. Le jeune homme abattit son bras devant ses yeux. Et dire que ses compagnons se pavanaient dans le luxe et l'opulence !
Valézy ne s'était pas gêné pour lui raconter la beauté du château, de ses habitants, des soirées et des réjouissances qui s'y déroulait, et les plats phénoménaux qu'il mangeait ! Les meilleures mets du royaume ! Et lui, il devait se contenter d'un bouillon avec de la viande trop cuite et trop salée ! Ou de lard fumé bien gras avec du choux sans aucun goût !

Le jeune voleur se leva en soupirant, en évitant de regarder trop longtemps cette chambre qui lui sortait des yeux et attrapa son petit déjeuner abandonné sur la vieille table par la femme de chambre. Il mangea assis sur son lit, essayant de ne pas penser à son ancienne vie. La plupart des personnes ne l'aimaient guère, mais au moins il avait sa place au côté d'Akané. Même leur long voyage et les cours de langue lui manquaient. Il soupira, se rappelant, trop tard, que cela ne se faisait pas dans le monde d'Akané.
Soupirant moins bruyamment, il se demanda pour la énième fois s'il avait bien fait de suivre son riche compagnon. Il écarta la question. Il se l'était posé tant de fois qu'il en connaissait les réponses et l'évidente conclusion. Oui. Malgré le danger. Malgré cette attente interminable, il avait bien fait. Sa vie n'aurait pas été la même sans Akané, et avec lui, il découvrait des merveilles, allaient vivre une vie de château ! Cela valait bien tous les sacrifices ! Même celle de sa vie.

Essayant de se persuader que ce calvaire était utile et que l'attente finirait par aboutir, il finit son plat de haricot trop dur et se lava, vérifia dans le vieux miroir sale du mur qu'on ne voyait pas les racines rousses de ses cheveux ou de ses sourcils, avant de se raser de près. Il avait découvert, que tout cela lui prenait un certain dans la journée, un temps qu'il n'aurait plus à combler. Surtout s'il le faisait le plus lentement du monde.


Après s'être correctement habillé, il repassa longuement tous les membres de la famille d'Akané : de la famille proche – dont il avait les portraits – à des cousins lointains qui vivaient à la cour. Il mettait parfois plusieurs minutes à retrouver un nom. Sa mémoire était mise à rude épreuve ! Il n'était même pas onze heures lorsqu'il se leva pour s'entraîner à la dague. Sans adversaire et dans un endroit assez étriqué, l'exercice était plutôt difficile mais cela l'occupait bien une heure. Avant le « délicieux » déjeuner de cette satané auberge !

A cette heure, il descendait déjeuner avec les travailleurs du quartier dans le « restaurant » – qui avait plus l'allure d'une cantine miteuse. Gardant une mine aussi sombre que la leur et le dos avachi il mangeait en silence. Ce « bain de foule » l'aidait à lui remonter le moral. Bien qu'il bridait son naturel joviale.
Haaa, que la vie était dure !!! Et dire que ses compagnons devaient manger de la viande bien fondante tous les jours avec de bons légumes bien cuits, et que lui devait manger ce ragoût trop cuit et douteux ! C'était vraiment injuste ! Tout cela Juste à cause de ses pouvoirs !

Ruminant sa contrariété, il finit son délicieux plat et bu un ou deux verre avant de remonter dans sa chambre et faire une bonne sieste. Non seulement, on disait que la sieste aidait à la digestion mais en plus cela lui comblait aisément deux heures de sa misérable et sinistre vie ! Haaa, qu'il avait hâte que tout cela finisse !!!!!
Après, il essayait de se souvenir des noms du reste de la cours. Il se mélangeait les pinceaux, avait sans cesse des trous de mémoires et… cela l'ennuyait à mourir ! Il le faisait, mais sans conviction… haaaaa… que le temps paraît long quand on est enfermé entre quatre murs !

Parfois son ennuie était interrompu par la visite soudaine de Sano ou Valézy qui lui donnait des nouvelles de la cours, le faisait parlé dans la langue d'ekiard. Et qu'est-ce que cela pouvait l'énerver ! Il ne sortait pas de l'auberge, qu'est-ce qu'il avait besoin de parler la langue de l'aristocratie ! Oui, oui, il serait un jour dans ce satané château mais ce n'était pas demain la veille ! Et Valézy lui répondait (ce qui donnait un peu près cela) :
- Ha ! Arrête de ronchonner ! On dirait un vieillard qui radote !
- Ha ! Suffit de m'insulter avec des mots que je connais pas !
- Si tu apprenais mieux, tu serais ce que veut dire vieillard !
- Alors je t'écoute !
- Un vieillard c'est une personne âgé.
- Une quoi ?
- Quelqu'un d'âgé.
- Qu'un qu'un ?
- Quel – qu'un,
rétorqua Valézy. Un homme ou une femme !
- C'est pas plus simple si tu m'expliquais dans notre langue ?
- Si tu me L' expliquais…
- Ho ! Ca va ! Explique-moi simplement !

Valézy se passait la main sur les yeux en fermant les paupières dans ces cas là.
- Un expliqua Valézy dans leur langue.
- Ha… Heu… tu peux m'rappeler c'que tu'm disais ?
Valézy leva les yeux au ciel :
- Tu as une mémoire de mollusque ma parole !
- De quoi ?
- Ha ! Je dois t'expliquer aussi des mots dans notre langue maintenant ? Un coquillage, quoi ! Je n'arrive pas à comprendre comment Akané arrive à être aussi patient avec toi. Que tu es lent d'esprit !
- Lent ? T'es pas obligé de m'aider ! Non, d'venir d'ailleurs ! J'préfère les visites de Sano de toute manière !

- Bien, alors je ne viendrais plus !
lui dit Valézy dans la langue d'Ekiard. De toute manière, tu vas mettre des mois à connaître cette langue !
- Ho ! Ça te va bien de dire ça !
s'écria Ekar dans leur langue natale. A c'que sache t'as mis longtemps à comprendre que t'étais plus un aristo qu'on moucherait plus le nez !
Valézy plissa les yeux, le fusillant du regard.
- Mazette ! Que tu parles mal même dans notre propre langue. Mon dieu, on se demande qui t'a appris à parler !
- Dégage de là si t'es venu pour m'insulter !
- Si tu rentres au château, on va tous se faire tuer !
renchérit Valézy.
Ekar s'emportait toujours lorsqu'on parlait de cette partie de sa vie, et Valézy le savait. Et lorsqu'il faisait ça, Ekar devenait tout rouge et se levait. Cette fois là, il renversa sa chaise. Il sentait son pouvoir affluer dans ses mains. Il les serra et les desserra en commençant à arpenter rapidement la pièce.


Valézy baissa la tête et se maudit. Qu'avait-il eu besoin de le harceler autant ! Avec Akané à ses côtés, il aurait su s'arrêter, mais quand il se retrouvait seul avec leur jeune ami…
- Bon ! Arrêtons la langue d'ekiard pour aujourd'hui.
Ekar semblait s'être maîtrisé, il venait de ralentir ses allers et venus dans la pièce.
- Reviens t'asseoir.
Le garçon obtempéra sans pour autant le regarder.
- Tu n'es pas un vieillard qui se répété. Même Akané finirait par perdre la tête à être enfermé autant de temps !
- Ca va, pas besoin toi pour r'monter le moral ! J'en ai ma claque de Ts'baraque !
- Bon, je vais te raconter les dernières nouvelles, ça te détendra peut-être !

Ekar serra les dents. Il aurait bien aimé claquer la porte et se barrer de cet endroit. Mais où serait-il aller ? Il n'avait rien ni personne. Serrant les dents, il se mit à écouter Valézy et a imaginer sa futur vie au château.[/i]


Dernière édition par Ekar le Sam 28 Jan - 21:30, édité 1 fois
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Ekar
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MessageSujet: Re: Petites anecdotes sur notre ami Ekar ^^   Sam 28 Jan - 21:09


Enfin au château !




Ekar ne réussit pas en s’endormir rapidement cette nuit-là. En temps normal, il se mettait sous les draps et roupillait aussitôt. Mais pas ce soir. Tous ses sens étaient en éveil. Sa peau était en contact de draps soyeux. Son corps reposait sous une épaisse couverture de laine. Sa tête était sur un confortable oreiller en plume. Son regard se portait sur les étranges ombres dessinées par les volets de sa chambre qui dessinait des arabesques. Des formes ressemblant à quelques monstres souterrains. Son ouïe captait la respiration régulière de l’autre dormeur, ainsi que des rumeurs lointaines, de musiques, parfois des éclats de voix. A croire que certains habitants de sa nouvelle demeure avait l’intention de festoyer toute la nuit.
Ekar se retourna une énième fois dans son lit, le corps lourds mais l’esprit toujours en alerte. Il rencontrerait le frère d’Akané le lendemain. Peut-être sa mère, son père. Ha, il avait hâte de rencontrer ces trois-là. Et il espérait même voir le roi ! Ce roi qui avait décidé de tuer un par un les mages. Il l’imaginait grand, effroyable, faisant froid dans le dos. Mais, d'après certaines rumeurs, il était bel homme… Comment un tel homme comme lui pouvait plaire à qui que ce soit !
Il soupira et se retourna à nouveau, recentrant ses pensées sur la famille d’Akané…

Ekar était secoué comme un prunier. Il écarta les mains insidieuses qui l'avaient réveillé, en grognant et marmonnant dans sa barbe. Ouvrant les yeux, il fut surpris de voir Valézy de mauvaise humeur au-dessus de lui.
- Réveille-toi ! Feignasse !
- Feignasse ?

Il le regarda sourcil froncé, comprenant que ce n'était pas un compliment.
- Ca se dit ici pour un idiot qui ne se réveille pas ! Cela fait cinq bonnes minutes que je te secoue !
- Haaa… parle pas ekardien de bon matin ! Vas m’donner mal la tête.
Et sur ces mots, le jeune rouquin se couvrit la tête de sa couverture.
- Tu ferais mieux de t’habituer à cette langue ! Et dépêche-toi, nous allons être en retard chez les Alqué !
- Quoi !

Ekar se redressa soudain et sauta du lit. Il avait complètement oublié qu’ils devaient petit déjeuner avec Akané, son frère et sa petit famille, « comme chaque matin ». Sauf que pour lui, ce serait son premier repas avec eux !
- Tu aurais pu me le dire plus tôt !
- C’est toi qui ne se réveille pas !

Ekar le fusilla du regard. Valézy lui renvoya son regard, tout fringant et pimpant dans son costume vert bouteille. Il nouait un fin ruban autour de son cou avec savoir faire. Ekar serra les dents et alla faire un brin de toilette.
- Et n’oublie pas de faire derrière les oreilles et sous le menton ! Ils le verraient tout de suite !
- Je ne suis plus un gamin ! Laisse-moi !
- Haaa ! A ta guise. Donc, je peux partir devant et te laisser seul avec ton costume !
Ekar stoppa net son geste. Il s’essuya le visage en se retournant. Valézy souriait jusqu'aux oreilles. Celui, il le cherchait tout le temps !
- Tu me laisses pas comme ça ? Je ne sais plus comment ça se met moi !
Valezy plissa les yeux et rétorqua sèchement.
- Alors ne m’envoie pas jamais baladé comme ça ! Sinon je te laisse dans la merde !
Ekar émit un petit sourire.
- Tu devrais un peu plus châtié ton langage. Nous ne sommes pas dans la foire ici !
- On dit « à la foire » tête de nœuds !
- Tête de nœuds toi-même !



Ekar se tenait bien droit, tendu devant la porte à laquelle il venait de frapper. Un homme en uniforme vint leur ouvrir et les reconnut immédiatement.
- Messieurs Frenik et Ekar, entrez je vous en prie !
Il s'effaça pour les laisser entrer, Valézy en tête. Ekar le suivit, faisant mine d'être un habitué des lieux alors qu'il découvrait tout. Le sol était en marbre blanc. Des tapis colorés étaient posés ici et là : entre les canapés à l'armature en bois sombre et recouvert de coussins gris, blanc ou noir, sous la table de bois blanc près des hautes fenêtres et sous le piano à queue du même bois. Une femme aux cheveux bruns retenus par diverses pinces étincelantes vint les accueillir. Elle avait un maquillage discret qui ne faisait que souligner sa beauté naturelle. Sa robe bleu pastel descendait souplement, saillait sa taille avec grâce.
- Messire Valézy, Ekar, je suis bien aise de vous revoir.
- Tout le plaisir est pour nous, Ma Dame.

Il lui prit la main qu'elle lui tendait et lui fit un baise main avant de la guider vers le canapé qu'elle avait quitté. Le garçon les suivit en silence. Il y était ! Il était enfin face à la belle sœur d'Akané. Et cette petit fille qui tenait une broderie en main devait être sa nièce. Ses cheveux noirs étaient retenus par une fine barrette et descendait sur ses épaules. Sa robe semblait être version miniature de celle de sa mère, en rose pastel. Ekar s'imaginait bien la fillette supplier sa mère d'avoir exactement la même robe qu'elle et celle-ci de céder face à son petit visage d'ange.
- Bonjour, Messire Valézy. Bonjour Ekar, leur dit-elle en leur faisant une légère révérence.
- Bonjour petite demoiselle, avez-vous bien dormi ?
- Pour le mieux, merci.

Elle se rassit sans leur accorder d'autre importance et se remit à broder. Ekar sourit.
- Bonjour Mademoiselle.
Comme Valézy entretenait la conversation avec la maîtresse de maison, il s'assit près de la fillette. C'était grisant de pouvoir enfin faire connaissance de la famille d'Akané !
- Que fais-tu ?
La jeune demoiselle leva un regard surpris vers lui. Elle baissa la tête sur son ouvrage et ne lui répondit pas tout de suite. Visiblement, Also n'avait jamais du lui adresser la parole. Ha… c'était un défaut qu'il était près à réparer tout de suite !
- Cela ne se voit guère ? Il s'agit d'un papillon qui [butine] une fleur.
Ekar regarda l'ouvrage en haussant un sourcil. Il y avait bel et bien un papillon posé sur le commencement d'une fleur. Deux autres papillons voletaient dans un coin.
- C'est très jolie. Qu'allez-vous en faire ?
- C'est un mouchoir que j'offrirai à mère.

Ekar hocha la tête. La petite fille le toisa puis reprit sa broderie. Il allait tenter une nouvelle approche lorsqu'une porte s'ouvrit sur un homme au long cheveux bruns, aux visage pâle et tendre, qui pourtant dégageait de la force. Ha… le frère d'Akané était tout simplement canon !
Souriant, il suivit Valézy et la duchesse jusqu'à lui. Ils se dirent bonjour, se plaignirent de l'absence d'Akané et décidèrent de s'installer à table. Ekar aurait bien voulu voir Akané immédiatement ou aller le chercher ; juste pour savoir si tout ce ceci était bien réel et que ce n'était pas un rêve.

Ekar accepta la tasse de thé qu'on lui proposait, les gâteaux secs, la salade fruits. Il se prépara même une tartine de beurre – oui, du vrai beurre ! - avec un sourire aux lèvres lorsque la duchesse lui adressa la parole.
- Vous avez l'air d'avoir meilleur appétit que d'habitude. Cela fait plaisir à voir !
Ekar sourit mais en voyant la tête de Valézy, il comprit qu'il n'aurait sûrement pas du manger autant, et aussi vite ! Les autres convives n'en était qu'à leur salade de fruits.
- Ha ! Veuillez m'excuser Ma Dame… C'est que… je suis en pleine croissance !
- C'est surtout que tu as toujours été un ventre sur patte ! Intervint une voix familière.


Le garçon se retourna vivement.
- Akané !
Celui-ci sembla surpris. Oups ! Il rit.
- Ha ! Je veux dire… Messire Akané ! Vous avez raison !
- Tu n'avais pas grand appétit jusque là mon jeune ami.

Ekar fit la moue, comprenant par le regard soutenu d'Akané qu'il devait aller dans son sens.
- Oui… c'est vrai. Je ne… me sentais pas tout à fait moi-même ces derniers temps.
Akané plissa les yeux puis sourit.
- Je suppose que c'est tout naturel. C'est une toute nouvelle vie pour toi.
- Il vous a fallu un temps d'adaptation,
approuva la duchesse.
Ekar passa la main sur sa nuque.
- Je suppose que… vous avez raison.
Akané s'approcha de lui et posa une main sur son épaule. Il n'était pas fâché, ils avaient pu rattraper le coup. Cependant, Ekar n'osa plus retoucher à son couteau plein de beurre. Akané s'assit près de son frère avec un sourire.
- Mangez dont, Ekar, dit Miyazé. Vous êtes mon invité.
- Je te remercie de supporter ces deux-là chaque matin à ta table.
- Je sais que cela te fait plaisir.

Les deux frères se regardèrent dans les yeux. Il y avait de l'amour et de la tendresse entre eux. Bien sûr, chez Akané elle était en grand partie voilée, mais Ekar la reconnaissait parce que Akané le regardait ainsi de temps en temps.
Son ventre se contracta. Il les enviaient tous les deux. Il était un peu jaloux aussi. Pourtant il était si content de voir Akané avec sa famille. Mais, est-ce que tout ceci n'allait pas changer leur relation ? Ecartant cette perspective de son esprit, il reprit son couteau et s'efforça de finir de tartiner son morceau de pain sans s'en mettre plein les doigts.
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Ekar
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MessageSujet: Re: Petites anecdotes sur notre ami Ekar ^^   Sam 18 Fév - 20:45


Cours de danse et d’œnologie



Ekar se sentait plus à l'aise à mesure que les jours passaient. La cours avait une routine particulière ; des repas en longueur, des promenades et des loisirs divers comme des jeux de cartes, la musique, le chant et même le théâtre. Akané avait commencé à rattraper son retard en politique. Valézy prenait des cours de danse. Et Ekar attendait tantôt l'un, tantôt l'autre, dans les couloirs du château ou dans la salle de cours.
- Qu'as-tu à rire ? lança soudain Valézy.
- Moi ? Ho ! Rien, répliqua le garçon d'un air innocent.
Valézy serra les dents. Ekar ne put s'empêcher de rire :
- Cette danse est… bizarre – à mes yeux. Ce n'est pas contre vous, Monsieur.
- Hé bien, essaie si tu es si malin !

Ekar se leva de son confortable fauteuil et s'approcha de son « employeur ». Il fit une révérence devant la partenaire de Valézy tout en lui tendant la main.
- Si cette Dame me le permet ?
- Ha… On dit si « Si vous voulez bien m'accorder cette danse ? »
grommela Valézy
- Si vous voulez bien m'accorder cet'danse ?
Il leva les yeux vers la jeune femme qui se mit à rosir. Elle répondit d'une voix peu assurée tout en jetant un coup d’œil à Valézy:
- Bien sûr.
Ekar fit un grand sourire à son compagnon et se rapprocha de la demoiselle. Il posa chastement la main sur sa taille et prit sa main de l'autre. Il commença à effectuer les pas de danse, un peu gauchement. Il marcha sur le pied de sa partenaire et s'excusa en riant, puis il prit le rythme. Ekar tira la langue à Valézy.
- Je me débrouille bien mieux que vous, monsieur !
- Je devrais te renvoyer ou te faire rôtir en enfer !

Ekar ricana devant le visage sérieux de Valézy dont, malgré tout, les lèvres s'étiraient.
Le professeur de danse, interrompu dans son cours, s'approcha enfin du garçon pour les interrompre.
- Tenez-vous plus droit, et le coude plus haut, votre bras ressemble à de la [guimauve] !
- A de la quoi ?
- De la guimauve !

Ekar regarda Valézy un peu perdu. L'homme quinquagénaire se serra l'arrête du nez et expliqua :
- Votre bras ressemble à une substance toute molle, comme de la guimauve ! Un peu plus de rudesse !
Et le cours reprit avec Valézy. Mais Ekar gagna une place dans le cours de danse. Finalement, il avait fait bonne impression au professeur malgré ces réflexions sur son bras !

- C'est quoi de la guimauve ? demanda Ekar une fois sortie du cours.
- C'est une sucrerie…
Le garçon leva un sourcil.
- Haaa, soupira Valézy… un « bonbon », si tu préfères, tout moue et plein de sucre.
- Tu en as déjà goûté ?
- Non, la cour ne mange ce genre de chose.
- Alors, il faudra qu'Akané nous amène en ville pour y goûter !
- Nous emmènes,
soupira Valézy. Moi, je n'ai nul envie d'y goûter. Cela doit coller aux dents !
Ekar pouffa.
- C'est surtout que tu n'aimes pas trop les… comment tu as dit, les su -cre…
- Les sucreries.
- Les sucreries,
répéta Ekar avec un grand sourire.
Tout guilleret à cette idée, il demanda :
- Que fait-on maintenant ?
- Nous allons chez Monsieur Fabre, un ami de Messir Miyazé, où Akané nous rejoindra pour le déjeuner. Tu as vraiment la mémoire d'un mollusque !
- N'importe quoi ! Et je te rappelle qu'Akané t'a demandé de ne plus me contrarier sans arrêt !
- Je te rappelle, mon cher Ekar, que JE suis ton patron. Alors, boucle-la si tu veux ta paie !

Ekar le fusilla du regard. En effet, en théorie il était son employé et l'argent transitait – fictivement par lui – bien que ce soit d'Akané qu'il donne son argent. D'ailleurs, il se demandait comment le dépenser. Le dépenser en alcool et agréable compagnie irait bien un temps. Mais après ? Peut-être des vêtements, des bijoux. Ha oui ! Il aimerait quelques beaux bracelets et colliers. Beaucoup de bourgeois ou de nobles en portaient. Alors, pourquoi pas lui ?

Ils arrivèrent chez le comte Henry Fabre de Detlèm, originaire des contrées du nord-ouest, qui était en affaire avec Miyazé. Il avaient invité celui-ci et son frère pour leur faire goûter les derniers crus de son vignoble. L'hôte fit bon accueil aux nouveaux arrivants en leur offrant un verre de vin. Ekar, peu friand de vin, bu sa coupe sans faire de commentaire. D'ailleurs, leur hôte se souciait plus de Valézy et Miyazé que de lui. Ils furent rejoint par trois autres convives avant qu'Akané n'arrive encadré de deux de ses amis d'enfance.
Miyazé se précipita comme à son habitude vers lui et lui venta le goût de la première bouteille. Puisque tout le monde était arrivé, une deuxième bouteille suivi la première, avant que ne commence réellement l'apéritif. Là encore, « Mon seigneur Fabre », comme il se faisait appelé par ses domestiques, ouvrit une nouvelle bouteille, de blanc cette fois.
Ekar dégustait sa coupe avec plus d'entrain lorsque son regard fut à nouveau attiré par le galant homme qui se trouvait à ses côtés. Ils se regardèrent dans les yeux, se dévisagèrent tranquillement et se sourirent, comme s'ils avaient été des amis de longue date. Ekar détourna le regard, plongeant ses yeux verts dans sa coupe et les quelques bulles qui s'accrochaient désespéramment à la paroi.
En relevant la tête, il s'aperçut que l'inconnu le regardait encore et, après avoir regardé vers ses compagnons qui ne s'occupaient plus d'eux, celui-ci s'approcha.
L'homme aux cheveux court et brun, aux yeux bleu ciel magnifiques et au nez un peu trop grand, leva son verre comme pour trinquer.
- Je n'avais pas remarqué que nous avions un point commun en terme de vin la dernière fois où nous nous sommes rencontré.
Ekar se mit à sourire et leva à son tour son verre à la couleur ambre.
- J'aime tout particulièrement ce vin. C'est la premières fois qu'je bois de semblable ici.
Il tourna ses grands yeux verts vers le seigneur qui sourit à son tour. Son cœur se mit à battre plus rapidement. Le garçon tourna le liquide doré dans son verre. Le seigneur limita, jetant un regard en coin vers lui.
- J'apprécie assez le vin jeune, il est [goûteux] en bouche et sucré.
Ekar retint un rire, laissant échapper quelques sons mélodieux.
- Les vins vieux ont un intérêt meilleur pour moi. Ils ont… plus de…
Il cherchait ses mots. Haaaaa ! L'ekardien était une calamité. Il détourna le regard en fouillant dans ses souvenirs. Il sentait le regard de cet homme d'une vingtaine d'années sur lui.
- Il a plus d'esprit, proposa l'ex-bandit.
- D'esprit ?
Ekar fit la moue.
- De force d'esprit ? suggéra-t-il.
Il n'était plus sûr de ses mots. Heureusement, le visage du seigneur s'éclaircit :
- Plus de caractère.
- Ha… peut-être mon seigneur. J'ignore si c'est le bon mot.

L'homme l'observa en silence sans rien répondre. Ekar se sentit jaugé, tout petit face lui. Il aurait aimé demandé ce que signifiait ce mot mais il préféra changer de sujet.
- Mais dites-moi mon seigneur, me rappelez-vous votre nom ?
Son interlocuteur sourit et se pencha légèrement vers lui.
- Julius de Garlande, secrétait de Messire Harnaut que l'on vous a présenté tout à l'heure.
- Ha oui… Moi c'est Ekar, homme de main de Valézy Frenik, ami du duc Akané. Mais tout le monde le sait à la cours, n'est-ce pas ?

Julius sourit.
- Vous avez également du caractère.
- Vraiment ?
demanda le garçon. Mon seigneur m'honore – enfin je crois.
Julius rit légèrement, son intérêt pour lui grandissant. Ekar vit Valézy qui l'appelait d'un signe de main.
- Veuillez me pardonner, Messire Garlande. Le devoir m'appelle.
Il lui fit un clin d’œil discret et s'éloigna.

Le jeune homme passa les deux heures suivantes à manger, boire et discuter avec son nouvel ami Julius. Miyazé avait signé pour quelques centaines de bouteilles à lui livrer dans l'année et demanda à Farme de lui apporter les trente premières dans la journée. Le comte de Farme accéda bien sûr tout de suite à sa demande.
- Voulez-vous visiter nos caves, duc Miyazé ?
- J'aurais été ravie de vous accompagner, Messire, mais mon père m'attend déjà et je ne saurais le faire attendre plus longtemps.
- Ha, je comprends. Peut-être que, vous, Messire Akané, auriez-vous le temps de nous y accompagner ?

Akané ne pouvait refuser : tout le monde savait qu'il ne faisait pas grand-chose de ses journées. Et il aurait été fort mal vu de refuser de visiter les fameuses caves de la famille Fabre. Ainsi, le petits groupes suivirent le comte de Detlèm jusqu'à son hôtel particulier dont les caves couraient sur deux niveaux. Le nombre de bouteilles y étaient impressionnant. Il y en avait partout, du sol au plafond, et le comte vantait celle qu'il possédait dans son vignoble. Après cela, le comte de Fabre se fit une joie de leur montrer ses œuvres d'art et ses meubles de luxe de toutes origines. Ekar commençait à se lasser de tout ceci. Il plaignait Akané, Valézy et tous les autres seigneurs obligés de l'écouter. Se montrer impoli envers leur hôte aurait pu mettre à mal les relations de leur famille ou tout bonnement la commande des Alqué. Miyazé avait finalement eut de la chance d'être attendu autre part !
Le jeune homme suivit le groupe qui était déjà entré dans une autre pièce. Julius l'attendait à la porte mais au lieu de la passer, la referma devant eux. Ekar le dévisagea, le regarda avancé vers lui puis s'arrêter.
- Vous êtes un vin plus mâture que je ne croyais. Vous avez l'esprit folle d'un jouvenceau mais votre [robe] dit tout à fait autre chose.
- Ma robe, mon seigneur ?

Il regarda ses vêtements. Il n'était pas habillé en robe ! Lorsqu'il releva la tête, Julius passa son index sur sa joue, son regard bleu pénétrant le sien. Le cœur d'Ekar accéléra à ce contact. Il avait compris, depuis longtemps, qu'elle serait leur relation. Quel amant serait Julius. Ekar n'avait pas l'intention de lui laisser mener toute la danse : s'il avait de l'expérience, ce serait du gâchi.
Le garçon leva la main vers la sienne, la prit entre ses doigts pour l'abaisser. Julius raffermit sa prise et le plaqua contre la porte avec autorité pour l'embrasser. Ekar résista, repoussa son corps tout en continuant à embrasser ses lèvres avides. La pression des bras ne cessa guère. Juliuis voulait le contrôle, le soumettre à ses envies. Mais le rouquin n'était pas près à lui donner. Il mordit les lèvres de son nouvel ami. Surpris et même vexé, celui-ci se passa la main sur la bouche et le regarda avec mécontentement. Ekar lui fit un sourire espiègle. Il revint vers lui, comme un chat. Il l'embrassa doucement. Julius finit par répondre à son baiser, ses mains étaient moins pressantes, mais qu'elles étaient fermes et virils !
Ekar se sentait fondre. Mais ce n'était pas le moment ! Il repoussa à nouveau Julius.
- Pardon, mais on va nous attendre !
Le seigneur embrassait avidement son cou, il se redressa l'air contrarié. Ekar rit pour détendre l'atmosphère :
- Nous nous verrons au château. Le vin est meilleur vieilli, non ?
Le seigneur se mit à sourire.
- Mais s'il l'est trop, il peut tourner au [vinaigre].
Ekar fit la moue, ne comprenant pas trop l'allusion.
- Je ne vous ferai pas faux bon. Donnez-moi une heure et un lieu et j'y serais.
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Petites anecdotes sur notre ami Ekar ^^

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