Le Royaume d'Ekiard

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 Arzalöd, apprenti ébéniste

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Ekar
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MessageSujet: Arzalöd, apprenti ébéniste   Dim 19 Fév - 21:06


0 à 10 ans : Un très bon commencement


Tout commença lors d'une fête de mariage où deux adolescents s'aperçoivent de leur amour et se revoient régulièrement. Tout se poursuit lorsque ces deux amoureux se promettent l'un à l'autre et s'unissent dans le mariage.
A cette époque, Frédrik Tjänare est un ébéniste connu à Detlef pour ses meubles de qualité et sa jeune épouse, Marsy Tjänare, aide encore à la boutique de son père arboriste. Le ventre de la demoiselle s'arrondit bientôt. La vie est légère et paisible, rythmée par le labeur, la vie de couple et les fêtes régulières.
Arzalöd naît un jour d'été. Ses parents heureux le montrent à tous et à toutes. Marsy se consacre entièrement à sa vie de famille et c'est dans un cocon familiale rempli d'amour et de liesse que le petit garçon grandit.

A six ans, sa mère veut lui apprendre à lire et à compter. Mais le garçonnet est bien trop peu attentif. Très vite son attention se porte sur le soleil qui passe par la fenêtre ou l’araignée qui passe près du vaisselier. Alors sa mère fait trois choses qui finissent par porter leur fruit. Dans un premier temps, elle explique qu'il en aura besoin pour aider son père à l'atelier. Compter et savoir lire des schémas est primordiale pour un ébéniste ! Puis, elle demande à son mari de prendre Arzalöd à l'atelier pendant qu'elle fait le ménage à l'étage ou fait son linge. Cela ne suffisant pas à garder son fils attentif plus de quelques minutes, elle lui raconte l'histoire du royaume et lui demande de la réciter. Progressivement, Arzalöd se montre plus attentif et plus intéressé par son travail. Ce travail qui lui permettra de faire comme papa. Et puis ce sort est bien pratique la nuit pour aller au petit coin !

Frédrik lui monter comment faire des sculptures dans du bois tendre, et il en a bientôt toute une collection. A tel point qu'il en donne à ses amis dans la rue. D'autant plus, que les affaires prospères. Son père décide de faire des investissements et d'embaucher un employé. Arzalöd aime les regarder travailler et leur poser des questions. C'est avec fierté que le garçon de huit ans vient aider dans l'atelier et apprendre. Il fait des sculptures plus perfectionnés, s'exerce à sculpter des reliefs, range les outils et les plans de travail en fin de journée.

A peine un an plus tard, c'est le déclin : les récoltes sont moins bonnes et les affaires ralentissent. Frédrik semble de plus en plus fatigué par son travail. Arzalöd s'inquiète mais ses parents le rassurent. « Tout ira bien. » Et il les croit.



10 ans : Le début des ennuies


Mais les affaires deviennent encore plus difficiles. Les clients se font plus rares, l'avenir est plus incertain. Quelques mois plus tard, Frédrik est obligé de vendre son ébénisterie et de loger sa petite famille dans un logement plus petit. Arzalöd a cru les paroles rassurantes de ses parents. Il a vraiment cru que les ventes suffiraient à faire vivre l'atelier ! Mais non. Il se sent trahi. Il ne comprend pas pourquoi il faut quitter leur maison pour un autre endroit ! Ils perdent tous ce qu'ils avaient : maison, meuble, mêmes certains outils de l'atelier passe à la trappe !
S'il avait su que la situation était si désastreuse, il aurait pu aider ! il en est persuadé !

Ainsi, la famille s'éloigne de la rue des ébénistes, de leurs amis et de leur famille. Certains amis leur tournent le dos. Un partie de leur famille aussi. Ils voient moins régulièrement les parents de sa mère, et encore moins la sœur de son père ; cette tante qui ne lui a jamais adressé la parole. Quand à sa cousine, il ne l'a vu qu'à de rares occasions, mais même elle, quelque part, lui manque aussi.

La vie devient morose.

Son père finit par trouver du travail dans la garde, comme d'autres démunis. Il est désormais au service de l' qui a décidé de s'allier à l'ennemi.
Sa mère doit trouver également un emploi. Le salaire de Frédrik ne suffit pas à les faire vivre et à payer lerus dettes. Elle qui avait toujours su garder le sourire est devenue plus triste, plus terne, et finir lavandière alors que vous aviez toujours connus une vie paisible, est lourd à supporter !

Pour la première fois de sa vie, il entend son père critiquer l'empereur en personne. Il n'en a plus seulement contre les impôts et les taxes, mais aussi après ces décisions. D'abord cette alliance avec les Alayiens, puis plus tard ces nouvelles lois sur la magie et le culte au Néant.
Arzalöd dans tout cela ?
Le garçon a bien compris qu'il ne peut pas faire grand-chose pour aider ses parents. Il est triste que le sort s'acharne sur eux et d'avoir perdu sa vie confortable. Mais, il continue de travailler le bois dans l'espoir de se faire embaucher comme apprenti. « C'est ta seule chance d'avoir un avenir », lui explique son père. Il écoute donc attentivement les conseils et les instructions de l'ancien ébéniste qui lui dénichent toujours un morceau de bon bois pour qu'il s'exerce. L'homme essaie de garder le moral face à son fils, mais combien de fois Arzalöd l'a-t-il surpris à pleurer lorsqu'il se croyait seul ?

Parfois, Arzalöd revoit ses anciens amis, son ancien quartier lors des quelques événements où ils sont encore invités. Beaucoup de leurs amis et voisins qui leur ont tourné le dos ne savent pas quoi leur dire ou comment se comporter. Son père ne leur en veut pas. « Les temps sont difficiles pour tout le monde », dit-il. Arzalöd tente de le comprendre mais n'y parvient pas. Il pourrait – il devrait – leur en vouloir. Non ? Ils auraient pu faire quelque chose pour les aider, n'est-ce pas ? Avaient-ils seulement essayer ?
Un soir qu'ils sont chez un vieil ami, son père lui demande de s'approcher. Arzalöd se retrouve nez-à-nez avec ce grand homme au visage sévère, l'air lourd, qui l'a toujours impressionné. Un des amis de son père qui lui est resté fidèle.
- Harrold accepte de te prendre comme apprenti quand tu auras l'âge, explique son père. C'est une chance pour toi. Nous avons fait nos premiers œuvres ensemble, il en sait autant que moi sur le travail d'ébéniste !
Arzalöd ne sait quoi dire. Il aurait aimé continuer à apprendre avec son père. Devenir apprenti signifie avoir un avenir mais aussi quitter le foyer familial. Il balbutie quelques mots de remerciements, lorsqu'un homme ivre vient chercher des ennuis à son père.
- Hé toi ! T'es dans la garde, hein ? Pas vrai ? Tu t'attaques à de pauvres gens, toi aussi, pour leur faire payer l'impôt ! C'est immonde les types comme toi !
Son père répond posément, essaie de s'esquiver, cherche du soutient dans l'assistance. Il ne trouve personne. Tout le monde semble assez d'accord avec tout les propos accusateurs. Arzalöd regarde son père en se demandant si c'est vrai. Il croise le regard de celui-ci et s'en veut d'avoir douté de lui en voyant son expression changer. D'autres personnes osent délier leur langue et l'accuse. Frédrik essaie d'expliquer qu'il doit bien faire nourrir sa famille, comme eux. Mais rien y fait. Les esprits s'échauffent et le premier ivrogne revient à la charge en montant un poing face à Frédrik. Heureusement, Harold intervient. Ils sont chez lui, et personne ne doit accuser un homme qui ne cherche qu'à faire vivre les siens. Arzalöd est soulagé en voyant les adultes retrouver leur calme, mais beaucoup trop de visages sont encore tournés vers eux. Son père préfère partir au plus vite. Frédrik prend la fuite ! Son père ! Est-il devenu aussi lâche ? A-t-il donc perdu son honneur ? Arzalöd doute une nouvelle fois de ce père qu'il considérait comme un homme juste et droit.


11 à 12 ans : De nouveaux tourments


Un soir. Un soir comme tous les autres. Des hommes frappent à leur porte. Des hommes aux visages sombres et mal à l'aise. En voyant leur visage, sa mère pâlit et étouffe un cri horrible avec sa main. La seconde d'après, elle s'effondre à genoux. Arzalöd se précipite et essaie de la relever, mais celle-ci le sert au point de l'étouffer. Il ne comprend pas ce qui lui arrive.
Et l'explication tombe comme un couperet.
- Nous sommes désolé Marsy. Ton mari… ton mari n'est... Il est mort dans la bataille.
- Il était de garde près de la porte et ces abominations ont réussi à passer la muraille avant qu'on ne les repousse définitivement.

La femme relève ses yeux embués et encore horrifiés.
- Où est-il ? gémit-t-elle en se relevant. Où est-il, je vous dis ? Je veux le voir !
Arzalöd tombe à la renverse, se redresse pour voir sa mère essayer de forcer le passage.
- Non, s'rait pas une bonne idée Marsy !
Deux femmes entrent dans la maison, repoussent Marsy jusqu'au lit. Alors que la plus âgé parle à la jeune femme, l'autre vient redresser le garçon et lui propose d'aller boire du lait. Les adultes sont parfois étranges. Arzalöd n'a pas envie de lait, il veut rester avec sa mère. Il veut que son père revienne, comme d'habitude et qu'il leur sourit en réclamant à manger. Il reviendrait, n'est-ce pas ? Il n'est pas réellement mort. Il reviendrait.

Les jours suivants passent comme dans un épais brouillard. Beaucoup de personnes viennent rendre hommage à la dépouille de son père, retrouvé dans une rue d'après ce qu'on leur a dit, et leur disent des paroles de condoléance. L'enterrement se fait rapidement. Il y a d'autres dépouilles à enterrer. L'ami de son père est là lui aussi. Il propose son aide à sa mère pour changer de logement. Celui-ci est trop chère pour elle seule. Il dit qu'il peut prendre tout de suite en charge Arzalöd pour la soulager. Et elle accepte, trop accablée de chagrin pour s'occuper de lui ou se rendre compte qu'elle n'aurait plus son fils à ses côtés.
Arzalöd se voit donc emménager dans la remise au fond de l'atelier, chez Harold ; et sa mère prend un logement encore plus petit que le précédent. Mais au moins n'est-elle pas trop loin de leur ancien quartier. La remise est étroite mais Arzalöd peut aller dans l'atelier « s'il ne fait pas de bêtise ». Les enfants et la femme de Harold lui font bon accueil. Il mange chaque repas avec eux, passe la soirée avec eux puis dort dans la remise. Il commence à travailler de petits ouvrages comme avec son père. Il lui manque. Son cœur est lourd mais il fait de son mieux. Harold, malgré son côté bourru, lui donne des conseils et semble assez content de lui.
A côté du travail, il y a la vie de famille, les sorties dans son ancien quartier et la rencontre de ses anciens amis.


Après toutes ces épreuves, Arzalöd a l'impression de retourner chez lui. Chez lui, la rue des ébénistes. Avec ses anciens amis, les anciens amis de son père, touchés par la tragédie qui l'accable et qui essaient de rattraper leur lâcheté passée.

Chez lui.

Sans son père.
Sans l'homme le plus important de son existence.
Comment vivre, redevenir heureux sans lui ?
Il se prend parfois à sourire et s'en veut.



Dernière édition par Ekar le Dim 19 Fév - 21:16, édité 1 fois
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Ekar
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MessageSujet: Re: Arzalöd, apprenti ébéniste   Dim 19 Fév - 21:12


13 ans : Retour à la vie



Le quotidien reprend le dessus. Il a gardé les outils de Frédrik, tous ses outils, et les utilisent avec une sorte de dévotion respectueuse. Il est assez doué dans ce domaine. Harold est de plus souvent content de son travail. Même s'il est un patron difficile et autoritaire, il l'aide à reprendre pied. Lui et ses deux enfants, sa femme aussi distante que gentille, sont des piliers indispensables à sa reconstruction mental. Parfois, il va même dormir dans la chambre des enfants. Et bientôt, ce n'est qu'une fois seul dans la remise au fond de l'atelier qu'il pleure la disparition de son père.
Sa mère, en revanche, reste prostré dans le chagrin. Elle a beau sourire, son sourire est sans joie. Elle a beau le regarder, ce n'est pas lui qu'elle voit mais son mari défunt, sa vie à jamais disparu à ses côtés.

Arzalöd s'attache progressivement à Harold et sa famille. Il voit régulièrement sa mère, pour lui tenir compagnie, mais c'est avec les enfants de son tuteur qu'il aime être, c'est avec cette famille qu'il redevient heureux. Diane, la femme de Harold, l'encourage à faire de son mieux et prend soin de lui lorsqu'il attrape un coup de froid. Il se bagarre avec Arnaud, traînent avec lui dans les rues du quartier et apprend ce que c'est d'avoir une sorte de grand frère. Avec la petite dernière aussi, les choses se passent bien. Gabriela est gentille et mignonne, elle cherche sa protection dès que son frère aîné l'ennuie ou la vexe, et c'est Arzalöd qui doit la consoler.



Preuves de confiance


Le garçon commence des œuvres de plus grandes envergures : des sculptures sur des futurs plaintes, sur des coffrets à bijoux, à peigne ou tout autres objets pouvant être vendu directement à un client. Il dort de plus en plus souvent dans le lit d'Arnaud, qu'il aime comme un frère, et se voit parfois consoler Gabriela lorsqu'elle a fait cauchemar. Elle vient dormir avec eux, ce qui ennuie Arnaud qui en a assez de la consoler et de l'entendre gindre dès que Mademoiselle fait un cauchemar ! Arzalöd a plus de patiente, d'autant plus que cela ne fait pas longtemps qu'il tient le rôle de cadet.

A ses quatorze ans, Harold décide qu'il est tend qu'il apprenne à se défendre, à utiliser une dague, car ne sait-on jamais qui l'on peut croiser à un coin de rue.
- Tu es suffisamment grand maintenant. Tu dois apprendre à te défendre tout seul. Arnaud et moi, on ne sera pas toujours à tes côtés !
Harold sourit face à la mine hésitante d'Arzalöd. Celui-ci attrape la dague.
- Ecoute mon garçon… cela fait longtemps que j'y pense. Je ne remplacerais jamais ton père mais sache que tu es comme un fils pour moi. Et si tu m'appelais, mon oncle ? Quand dis-tu ?
Arzalöd le regarde étonné. Il l'aimait tant que ça ? Peut-être, par la force des choses. En plus, il aime beaucoup vivre avec eux. Harold doit penser que «  père » serait trop étrange pour lui. Et il a sûrement raison.
- J'en serais très content… mon oncle.
Le garçon sourit de toutes ses dents. Harold le sert dans ses bras. Arzalöd, surpris, répond à son étreinte et une douce chaleur se répand dans son être. Il se sent aimé, accepté, protégé. Comme du temps de son père. Ne restait plus qu'à son bonheur que sa mère sorte de léthargie cynique...


Un jour, Harold demande à Arzalöd de les accompagner.
- J'ai rendez-vous avec un client, explique-t-il sur le chemin. Il cherchait un bon artisan pour renouveler ses meubles et refaire les boiseries de toutes ses pièces ! Je l'ai su grâce à Monsieur Gregeois. Il avait entendu dire que ce client avait déjà renvoyé deux ébénistes parce qu'il n'était pas content de ce qui leur proposait. Alors, j'ai tenté ma chance ! Je m'y suis présenter et il m'a déjà comandé deux meubles ! C'est une aubaine !
Et tout heureux de ses paroles, il continua sa route, laissant Arzalöd découvrir les quartiers riches de Detlef.

Arrivé dans le bel hôtel particulier en rénovation, ils rencontrent un homme superbement habillé qui les traitent comme des serviteurs. Cela ne semble pas alarmer son oncle qui fait des ronds de jambes pour lui plaire. Il montre d'abord les schémas pour les deux meubles comandés. Le grand homme veut changer ceci ou cela, avoir un ornement plus grand que les autres, avoir le blason de sa famille un peu partout. Arzalöd le trouve pénible et pointilleux mais son oncle obtempère gracieusement. Ensuite, il passe aux autres autres meubles. Le client met une éternité à faire un choix et veut presque tout changer du meuble qu'il vient de choisir : de la forme des pieds aux reliefs principaux au-dessus du vaisselier. Harold cède à ses caprices, prend des notes, et parfois, explique qu'une chose est impossible à réalisé – même par le meilleur ébéniste – et propose une ou deux solutions possibles pour satisfaire le noble. Arzalöd insiste à toute la scène sans piper mot, donnant ou rangeant ce que son oncle lui demande. De retour à l'atelier, ils se mettent à l'ouvrage. Dessin des plans, annotations diverses et variées, achat du bois auprès d'un fournisseur. Puis confections à proprement dit du meuble. Et en parallèle, la même scène se  déroule pour les boiseries...
Arzalöd est bien content de pouvoir sculpter les motifs à l'arrière du meubles. Il doit en recommencer parfois cinq fois d'affiler, soit à cause d'une maladresse de sa part, soit parce que ses motifs ne sont pas assez soignés.



Un peu avant ses 15 ans : Querelles


Bientôt ils ont de nouveaux clients dans la noblesse et Harold s'enrichit. Sa mère, qu'il n'a plus vu depuis des mois réapparaît dans sa vie, heureuse et à l'air reposée. Elle a à son bras un notable vivant à l'autre bout de la ville qu'elle présente comme son futur mari. Arzalöd a du mal à digérer l'information. Sa mère trahit son père et sa mémoire ! Mais elle semble heureuse et il n'a pas le cœur de lui livrer le fond de ses pensées. Il préfère serrer les dents et partir sans rien dire.
Il ne revoit sa mère que de longues semaines plus tard, parce que Harold l'a invité à déjeuner et parce que Marsy lui a demandé de revoir son tendre et cher fils. Arzalöd se montre distant avec cette femme, qui lui semble si étrangère et qui pourtant est encore sa mère.
Il n'est pas près de lui pardonner.


Arzalöd ne se tourne que davantage vers sa famille « d'adoption », celle avec laquelle il a surmonté son chagrin et qui lui a fait une place. Il a un nouveau foyer et n'est pas près à retourner vivre avec sa mère. Harold n'insiste pas, au grand désarrois de sa mère qui aurait penser retrouver son fils. Arzalöd lui en est reconnaissant.
Mais un matin, un cri strident le réveille. On lui arrache ce qu'il sert dans ses bras et lorsqu'il ouvre ses yeux c'est pour découvrir trois pairs de yeux sur lui. Harold et sa femme ont l'ai furieux contre lui. Arnaud, encore assis dans l'ancien lit de sa sœur, ne semble que trop bien comprendre la scène. Gabriela est encore toute endormi et se frotte les yeux.
Arzalöd est dans le noir. Que se passe-t-il ? La mâchoire d'Harold se décrispe après un effort surhumain et les premiers injures tombent comme un hachoir sur une planche à découper.
- Comment oses-tu, petit salop*** ! Comment as-tu osé toucher à ma fille ?
Harold fonce sur lui et l'empoigne avec force. Il le soulève du lit.
- Mais, tente le garçon.
Mais Harold le secoue comme un prunier, comme pour se dissuader de le rompre à coups de poings. Arzalöd lit dans ses lieux de la rage, de la haine, qu'il serait près à le massacrer à coups de pied et de poings si cela pouvait laver l'affront. Il se sent tétanisé. Le souffle court, il attend que Harold se calme ou déchaîne sa colère contre lui. Le visage de son oncle se détend un soupçon et ses mains lâchent sa victime.
Arzalöd se laisse retomber sur le lit et n'ose faire aucun geste. Il tente seulement de retrouver la parole en avalant sa salive. Sa bouche est sèche et semble refuser de fonctionner correctement.
- Je n'ai rien fais… à Gabriela.
- Ne prononce pas son nom !
- Je n'ai rien fais,
répète-t-il donc. Tu es fou ! C'est comme ma sœur !
- On ne dort pas avec sa sœur ! On ne la sert pas contre soit !
Arzalöd fronce les sourcils et réplique sèchement :
- Tu n'aurais pas dit la même chose si ça avait été Arnaud !
- Ce n'est pas ta sœur !
tempête Harold. Et ce n'est pas la question ! Un garçon et une fille n'ont rien à faire dans le même lit !
- Père…
tente Arnaud.

Mais Harrol lui fait signe de se taire et fixe Arzalöd dans les yeux.
- A partir d'aujourd'hui, aboie-t-il de sa voix grave, tu redormiras dans la réserve. On te trouvera un matelas. Mais n'approche plus de Gabriela !
Arzalöd fronce un peu plus les sourcils. Il tourne les yeux vers Arnaud qui a abandonné de l'aider, puis vers Gabriela qui, un bras autour de sa taille, regarde vers le sol. Le jeune homme a l'impression de se retrouver comme son père, ce soir là où on l'accusait de tous les mots.
Hors de lui, Arzalöd se redresse vivement et se plante devant Harold. Les yeux de celui-ci lui déconseillent de dire quoi que ce soit mais la colère du garçon est trop grande.
- La prochaine que Ta précieuse fille vient me voir après avoir fait un cauchemar ou parce qu'elle ne peut pas dormir, je l'enverrai balader ! Je lui dirais que je ne suis pas de sa famille et que je n'ai pas le droit de la consoler ou l'aider à se rendormir ! Parce que finalement, son père est un menteur ! Je n'ai jamais fais parti de cette famille !
Harrold sert les dents et lui donne une forte claque. Les deux hommes s'affrontent du regard encore un moment puis Arzalöd décide de descendre à la remise, là où est désormais sa place.

Ce malentendu dure de longues semaines, où le patron et l'apprenti ne se parlent plus que pour le travail ou lorsqu'ils y sont obligés. « Bonjour. » « Au revoir. » « Passe-moi le sel. »
Puis, un soir, Harold vient le voir. Au début, Arzalöd refuse de l'écouter. Il lui en veut trop. Comment son oncle a pu penser qu'ils déshonoreraient sa fille en faisant quelque chose pareil ? Jamais il n'aurait pu trahir la confiance de sa famille, ni faire de telle avance à Gabriela. Elle a juste peur de rendormir après un mauvais rêve, et son frère en avait juste marre d'être serré dans le petit lit qu'ils occupaient déjà à deux en temps normal.
- Arnaud m'a expliqué. Il s'en veut de n'avoir rien dit plus tôt, dit Harold d'un ton bourru. Je suis désolé… de t'avoir mal jugé.
Le silence retombe. Arzalöd n'a rien envie de lui dire.
- C'est absurde ! On va pas continuer à s'en vouloir tout notre vie ! Si ?
Les yeux de Harold se posent sur lui. Ils ne sont plus aussi sévères, presque bienveillant.
L'homme soupire en comprenant que son pupille ne desserrerait pas la bouche.
- Tu avais raison l'autre jour... J'aurais juste remonter les bretelles à Arnaud. Tu ne l'as pas touché ?
Arzalöd fronce les sourcils devant la question, la colère remontant en lui.
- Puisque je te dis que non.
- D'accord.

Harold soupire. Il semble s'en vouloir d'avoir agi si violemment. Mais Arzalöd lui en veut trop pour s'en soucier.


Les relations de la petite famille mettent des semaines à retrouver leur normalité. Gabriela et Arnaud s'excusent de l'avoir laisser accuser à tord. Ils ont eut peur de leur père. Il l'admire de lui avoir tenu tête. Arzalöd ne se trouve pas courageux, il n'a fait qu'obéir à la colère. Le garçon met encore plus longtemps à pardonner à Harold, dire que celui n'aide pas à arranger la situation. Se montrant naturellement distant même avec ses propres enfants, il se montre plutôt maladroit à recoller les morceaux. Toutes les attentions qui lui portent finissent par apaiser Arzalöd. Avec le temps, il ne se dira plus que, peut-être, il n'appartenait pas réellement à cette famille.

Arzalöd voudrait prendre ses propres décisions, vivre comme il l'entend, et remet de plus en plus en cause l'autorité d'Harold. Un couvre feu ? Les vampires sont partis, on ne risque plus rien ! Aller à l'anniversaire de la cousine Auguste ? Il préférerait retrouver ses amis à la taverne !
Enfin, disons que Arzalöd voudrait s'émanciper de sa famille « d'adoption » mais qu'Harold n'est pas prêt à le laisser faire ! Il a fait une promesse à un vieil ami et il tient à la tenir contre vent et marrée. Et puis il fait pareil avec Arnaud, alors c'est de bonne guerre.

Pourtant, à seize ans, les jeunes gens de son âge devrait courir les rues et les filles et non attendre le bon vouloir de leur père !

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Arzalöd, apprenti ébéniste

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