Le Royaume d'Ekiard

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 Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552

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Akané
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MessageSujet: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Jeu 1 Sep - 20:38



24 nakav 1552

La place d'exécution attirait nombres de curieux. Un noble disait-on allait être testé. Un fils de général. La cours du palais de justice était remplie. Les gardes durent fermer les portes vingt minutes avant le teste par manque de place. Le conseiller du Roi Ewald apparut en premier, suivi des parents du jeunes héritiers. Qui était-il ? D'où ventait-il ? Les badauds s'en moquaient, alors que la foule innombrables de nobles étaient avides d'informations. La seule question sur toutes les lèvres étaient : « Est-ce que le jeune aristocrates seraient positif au test ? »
Akané, Valézy et la doublure d'Ekar s'avancèrent après un court discours du juge. Le bourreau montra l'efficacité de la pierre sur un jeune mage détenu dans les geôles, puis s'avança près d'Akané dans un silence de mort. Mais l'ex-voleur avait les yeux rivés sur un couple dans la foule, entouré d'une distance respectable par les autres nobles vers qui certains regards graves ou condescendants regardaient. Et si… si le jeune noble disparu était devenu un mage ?

Le concerné, nul inquiet, observait son père qui avait vieilli, sa mère qui avait perdu sa fraîcheur, mais dont les yeux humides reflétaient joie et amour, soulagement et bonheur. L'homme restait droit et fier, fixant son fils avec un regard imperceptible. Le second homme qui tenaient la main de sa mère, Akané l'aurait reconnu entre mille. Son frère. Miyazé. Son visage avait mûri, mais était resté fin et éblouissant, son corps bien fait et élancé. De toutes les personnes à la cour, c'était lui qu'Akané craignait de retrouver.
La pierre ne réagit ni sur le noble, ni sur les deux étrangers qui l'accompagnaient. Ce fut une vague de soulagement qui ébranla la noblesse, chacun souriant et se satisfaisant de l'issu du teste, chacun voulant – surtout dans les hautes sphères – dire un mots aux heureux parents.
Mais rapidement, d'autres nobles intervinrent pour laisser se retrouver la famille Alqué. Les effusions se firent d'abord discrète, puis la mère prit son fils dans ses bras et des hourras et des cries de joie retentir. Ce fut le frère, ensuite, qui enlaça le nouveau arrivé. Les deux frères se sourirent, se donnèrent quelques autres accolades tout en échangeant de bref propos. Puis le père, aussi fier qu'un coq, laissa tomber sa carapace et imita sa femme quelques secondes plus tôt.

Ces émotions terminés, Almara s'aperçut que le conseiller Ewald et bien d'autres les observaient en silence. Le père alla donc présenter son fils au conseiller, et donc aux autres nobles. Et le jeune duc présenta ses deux hommes comme ses compagnons : Messire Valézy Frenik de Fontegür et son homme de main Ekar.



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Gideon
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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Jeu 1 Sep - 22:34

Au spectacle il y a le théâtre, le ballet, l’opéra, la représentation orchestrale mais le royaume d’Ekiard s’était spécialisé dans les tests anti-magi, les exécutions et les lapidations. Un hobby un peu plus violent cependant il était de rumeur que les ekiariens étaient un peuple passionné.
Gideon préférait de loin le théâtre. Il n’aimait ni le sang ni les cris et cette histoire de magie le concernait de très loin. Souvent on lui avait reproché son manque d’acharnement mais le jeune Lockarth continuait de se tenir à l’écart n’affichant jamais réellement une position ferme. Et franchement il ne voyait pas l’intérêt d’aller voir un test. Au mieux la personne repartait donc on s’en foutait, au pire on l’exécutait sur la place publique donc non merci.
Mais ça, c’était avant.
L’arrivée d’un duc à la cour d’Ekiard, c’était comme découvrir une nouvelle lune un soir la nuit venue : improbable et excitant. Alors quand ils avaient appris la nouvelle, Gideon s’était empressé de faire valoir ses droits d’être auprès du conseillé avec sa sœur pour participer au test : histoire d’avoir les meilleures places ! Après tout, un bon lockarth se devait d’être au courant du moindre détail et ils avaient bien l’intention d’en profiter !

La cérémonie en elle-même fut assez classique, presque expéditive et honnêtement on ne pouvait pas leur en vouloir : au fond tout le monde s’en fichait ! Gideon quant à lui souhaitait surtout savoir si une famille aller être réunis ou si Miyazé aller être le premier à jeter la pierre sur son propre frère. Afin de conserver l’honneur de la famille tout ça tout ça… Bref un bon drama en perspective : des larmes, de la joie ou de la tristesse et un tumulte d’émotion que demander de plus !

1, 2 3 ok tout le monde était passé ! Les félicitations commencèrent à fuser tandis que tout le monde se réunissait près de la famille complète à nouveau, Gideon lança un regard en coin à sa jumelle :

Game’s on.



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Elizabeth
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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Dim 4 Sep - 13:12

Elizabeth commençait réellement à se demander si c'était une bien bonne idée de se présenter à ce fichu test. Déjà que sur l'idée du concept... quelque chose lui échappait : techniquement, les personnes que le royaume arrêtait, étaient des hors la loi. Donc, ils étaient des vilains. Le peuple Ekiardien adorait jeter des légumes, des pierres et faire un brouhaha énorme en criant une multitude d'insultes car les prisonniers sont emprisonnés. Réalisaient-ils que le jour l'un d'eux arriverait à se défaire pourrait avoir grandement envie de retourner le traitement ? Et qu'en étant des créatures magiques, il était assez aisé de comprendre qui seraient les perdants ? La jeune fille n'avait rien contre la politique du roi mais... elle devait avouer qu'elle ne voyait vraiment pas l'intérêt d'avoir rendu les sentences accessibles à tous, donc même à des enfants juste dans l'objectif de renforcer les tensions et la haine. 

La jeune Lockarth regarda son jumeau, elle connaissait son point de vue sur les tests. Mais malgré tout, il marchait avec entrain devant elle et avec une telle motivation que cela lui faisait presque rire. Dans un sens, elle le comprenait. Il s'agissait d'un noble qui allait se faire tester. Enfin, le fils d'un grand général ! Donc, pour le bien de leur affaire familiale (Rumeurs & Croustillants, à votre service), ils étaient obligés de venir voir de leurs propres yeux et notamment essayer de glaner des informations.. Elle était aussi curieuse de voir ce qu'il était advenu de ce jeune garçon détestait à l'époque par quelques personnes de la cour. Et surtout, pourquoi revenir comme une fleur à la cour alors qu'il était libre en dehors ? Puis, comment réagirait sa famille s'il était devenu un mage ? Tant de questions auxquels, les jumeaux auraient enfin une réponse !
La cérémonie se déroula rapidement, les trois suspects furent testés. C'était bon pour tout le monde. Donc, place aux embrassades des parents, à l'accueil du grand frère et les félicitations à la famille de nouveau réunie. Les câlins, les bisous, les larmes, les émotions, tout y était. Bien, les Lockarth allaient bientôt passer à l'action et comme si Gideon avait lu dans ses pensées, il échangea un regard en coin auquel, elle répondit par un petit sourire. Un échange qu'eux seuls comprenaient. Et il commença quand le général vint de leur côté afin de faire les présentations au Conseiller du Roi et aux nobles. 

Bien, donc Messire Valézy était un étranger d'Ekiard... Maintenant pourquoi venir à Ekiard ? La mentalité de là-bas était plutôt fermée du à leur autarcie. Par ailleurs, comment avait-il pu entrer dans Ekiard au vu des frontières fermées ? Puis... tellement d'autres questions ! Bon, elle savait comment avoir des informations sur cette personne : creuser son histoire ! Donc, elle allait sortir les yeux brillants, avec cette engouement et cette curiosité enfantine pour grappiller ce qu'il fallait à son sujet ! Le mystère, c'était le deuxième protagoniste qui était avec le Duc Akané. Comment ça, il était juste son homme de main ? Pourquoi en dire si peu alors sur sa personne ? D'où venait-il ? Pourquoi, le duc l'avait pris comme homme de main tel que lui ? Quel lien les unissait ? 

Une fois la cérémonie finie, le Conseiller ne tarda pas à rentrer au château. En effet, un homme comme lui avait mieux à faire qu'à blablater d'un sujet aussi banal. Du coup, Elizabeth suivit la personne qu'elle considérait comme son oncle et une fois au château, elle se mettrait d'accord avec Gideon pour accueillir à la Lockarth les nouveaux arrivants, dès qu'ils en auraient l'occasion !  

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Akané
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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Dim 4 Sep - 13:50



A la suite du Conseiller, toute la noblesse reparti au château comme ils étaient arrivé, en calèche, les uns après les autres, et à leur tête la famille Alqué.
Dans le véhicule, Akané répondit à quelques autres questions de son entourage, puis appris en retour que Miyazé était marié depuis cinq ans et avait déjà une fille de quatre et une fils de deux ans. Il les verrait sûrement le lendemain. En attendant, il se laissa guider à l'intérieur du château, qui n'avait pas changé - alors qu'il avait l'impression que des siècles s'étaient écoulés depuis son départ.
Son impression de malaise ne cessait de grandir à mesure qu'ils traversaient les beaux couloirs en direction d'une salle de réception. A mesure que les nobles arrivaient les rumeurs et les discussions reprirent autour de la famille à nouveau réunie. C'était un véritable défilé de compliments et de questions.
"Où était-il ?" Dans un temple de guerrier.
"Comment avait-il fait pour échapper à la guerre civile ?" En changeant d'identité et en revêtant des habits de miséreux.
"Qu'avait-il fait dans le temple ?" Des corvées. Appris à se battre.
"Pourquoi n'était-il pas retourné chez le roi de Fontegür, son oncle après la guerre civile ?" Par manque de moyens, et parce que la région sud n'était pas sûr, trop éloignée du pouvoir royale.
Et les mêmes questions revenaient, par boucle et légèrement différentes dès qu'un nouveau groupe de nobles de venaient à leur rencontre.

Valézy et le faux Ekar étaient non loin de lui, laissant sa famille graviter autour de lui. Ils laissaient le plus souvent Akané répondre aux questions, à moins qu'on ne leur pose une directement. Almara se laissa distancer pour parler avec d'autres nobles, mais la mère d'Akané et son frère ne le lâchaient pas d'une semelle, si bien qu'Ekar et Valézy restaient souvent en retrait.
Akané devait faire de grands efforts de langage et de patience face cette multitude curieuse et avide. De temps en temps, ils s'échappaient auprès de ses deux compagnons ou d'un ancien ami à peine retrouvé.



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Gideon
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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Dim 4 Sep - 16:28

Cible arrêté, opération harponnage enclenchée !
Se faufilant comme deux petits chats dans un champ de tiges noblières, les Lockarths parvinrent non sans difficulté à s’approcher de leur proie. Il fallut un petit instant d’inattention pour que chacun s’accroche au bras d’un des proches qui entourait Akane le nouveau venu. Gideon avait envahi Miyazé, le frère de la star du jour et laissé à Elizabeth le soin d’opérer ses charmes sur sa tendre mère. Si tous deux furent surpris, Gideon discerna un léger, bon ok très léger, sourire chez Miyazé quand celui-ci le reconnu. En réponse et surtout pour pousser sa chance il lui fit un large sourire !
« Bonjour duc Miyazé, belle journée n’est-ce pas ? Autant plus belle que tout le monde est réuni c’est super pas vrai ? En tout cas vous êtes ravissant dans ce costume ! Vraiment très beau, la broderie sur les manches est… »

« … et avouez que je suis quand même de meilleure compagnie que mon frère ! » roucoulait Elizabeth à la duchesse

Gideon se pencha pour crier un « C’est pas vrai ! » avant de rebasculer sa tête en arrière et regarder Miyazé avec une petite moue.
« N’est-ce pas ? Vous êtes mon ami non, vous n’ignorez pas tous ces mensonges qu’elle colporte dans mon dos n’est-ce pas ? Nous, dit-il en désignant le duc, nous sommes frère d’armes nous partageons la sueur de nos fronts dans nos batailles orchestrées, une véritable danse d’homme incomprises du beau sexe ! Nous sommes... »
« Très très bien j’ai compris où vous vouliez en venir comte Lockarth, le coupa  Miyazé qui leva les mains en signe de reddition, Akane je te présente le comte et lady Lockarth, pupilles de notre très cher conseillé. » Il va lui murmurer quelque chose à l’oreille mais sous le vacarme générale Gideon ne parvint pas à en saisir la teneur.
Sur ce, le petit comte libéra Miyazé de son emprise et se dirigea en face d’Akane où il y rejoignit sa sœur. Ils firent une belle révérence, déclinant chacun leur nom et leur titre. Puis sans prévenir, ils enchaînèrent avec une courte chorégraphie destinée à terminer leur présentation et :
« Bienvenue à Ekiard »


Envoyé un peu de paillette à l’occasion ! Amusant la galerie, les nobles autours d'eux les félicitèrent d’applaudissements mesurés. Gideon, lui, était très satisfait de leur petit tour, cela n’avait été facile de convaincre Elizabeth : elle estimait toujours qu’il faisait davantage des choses idiotes que vraiment utiles… Mais c’était parce qu’elle minimisait la première impression !!! Et comme pour finaliser cette présentation Gideon présenta sa main droite afin de serrer celle du comte Akane…
… Et Eli la main gauche.

La première réaction était la plus conditionnée : tendre à son tour la main. Aussi lorsque le comte Akane tendit ses deux mais il tomba dans le piège de nos deux petits farceurs ! En effet ils lui prirent la main, puis le bras ! Ils le tirèrent à eux pour l’encercler de leurs petites bouilles innocentes. Gideon le fixa d’un air crédule et rigolait en même temps.
« Saluuuut ! Vous êtes revenus ! Re-bienvenus parmi nous ! C’est super d’être rentré félicitation il paraît que ce n’était pas facile ! Tout le monde est très content de vous voir, enfin moi je ne me souviens pas de vous mais on était amis non ? Pas vrai ? héhéhéhé »

Gideon souriait de toutes ses dents. Tant parce qu’ils avaient réussi leur coup que parce que la situation était vraiment drôle à son goût ! Autour d'eux les sourires et le rire familles ajoutèrent à ses retrouvailles l'ambiance joviale qui lui manquait alors!

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Elizabeth
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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Dim 4 Sep - 22:55

Sur la route du château, Elizabeth annonça à son frère ce qu'elle pensait du duc et ils parlèrent très rapidement de la stratégie à adopter. Non pas parce que son jumeau savait ce qu'elle pensait, enfin peut-être un peu mais surtout car, comme à son habitude, il était parti sur ses délires de danses et chorégraphies qu'il avait pensé sur le moment pour accueillir le duc. 

Si cela ne tenait qu'à elle, elle ne le ferait pas (car elle avait deux pieds gauches, ce n'était pas pour rien que Gideon allait à ses cours de danses) mais si elle disait non...Gideon bouderait. Mais pas bouder comme un enfant trognon. Mais BOUDER ! Bon, elle reconnaissait qu'il était mignon aussi quand il boudait mais il pouvait être très pénible aussi... Donc, il valait mieux se plier aux exigences de Monsieur. En plus de ça, ce n'était que quelques minutes d'illusions (pour adoucir les nobles) qui allaient la tuer. C'était pour la bonne cause ! 

Une fois arrivée à la salle de réception, Elizabeth et Gideon se séparèrent et profitant de leurs petites tailles et de leurs jeunesses, ils se faufilèrent jusqu'à leur cible. Son frère se mit au côté de Miyazé et engagea la discussion avec lui, assez rapidement. Elle le laissa faire jusqu'au moment où la demoiselle constata qu'il commençait à un peu trop détailler ses talents de couturier et Elizabeth eut peur que celui-ci fasse tomber leur couverture et se mit au côté de la duchesse. Elle en profita pour interrompre son jeune frère : 

'' … et avouez que je suis quand même de meilleure compagnie que mon frère ! Mes félicitations Madame la Duchesse. Je ne peux imaginer les sentiments que vous ressentez mais je pense que vous devez être très soulager et satisfaite de revoir votre fils auprès de vous.'' 

Bon, elle devait comme tous les nobles tenir le même discours de peur de paraître trop suspecte. Puis, elle regarda avec un sourire amusé son jumeau faisant la moue. Il était trop chou quand il faisait cette tête !! Elle ne s'en lassait vraiment pas ! Puis, son frère reprit la parole : 

'' Vous êtes mon ami non, vous n’ignorez pas tous ces mensonges qu’elle colporte dans mon dos n’est-ce pas ?" 

Elizabeth roula des yeux tout en croisant les bras pour feindre son agacement. Elle le laissa finir son discours, jetant quelques coups d'œil à la duchesse qui affichait un sourire amusée devant le spectacle que donnait les jumeaux. Au final, Miyazé prit la parole, sachant pertinemment où voulez en venir Gideon. En même temps, son jumeau était tellement...prévisible ! Trop même... Mais bon, au moins, ça avait marché donc elle ne s'en plaindrait pas. 

"Akane, je te présente le comte et lady Lockarth, pupilles de notre très cher Conseiller." 

Suivant donc son frère, elle se mit devant le nouveau duc et fit une révérence où elle déclina son titre et son nom complet. Une fois cela fait, elle regarda Gideon et avec une synchronisation que seul eux maîtrisée, ils enchaînèrent avec une courte chorégraphie destinée à terminer leur présentation et : 

" Bienvenue à Ekiard ! " 

Comme d'habitude, la noblesse souriait et s'amusait de leur audace tout en les félicitant par des applaudissement mesurés. Encore une fois, Elizabeth doutait grandement de l'intérêt de cette petite mise en scène mais, maintenant c'était fait, on n'en parlerait plus. A présent, ils pourraient passer aux choses sérieuses ! Gideon tendit sa main droite vers le duc et celui-ci intrigué par le geste, regarda son jumeau tout en levant la sienne. La jumelle profita de ce moment de confusion, chez ce cher Akané, pour lui tendre sa main gauche et à cause d'un simple réflexe, celui-ci saisit les deux mains des jumeaux et se fut une erreur ! En effet, il ne fallait jamais faire confiance aux jumeaux et le duc revenant l'apprenait à ses dépends, alors que Miyazé et ses parents, regardaient la scène avec amusement. 

Ils écartèrent légèrement le duc de ses proches pour commencer la pêche aux informations tranquillement. Gideon commença par son blablatage continu, qui en général arrivait à détendre leurs victimes (ou à leur filer la migraine, ça dépendait) mais là, elle sentait le jeune duc perdu alors elle lui fit un sourire rassurant. 

" Ne vous inquiétez pas, mon jumeau est juste très heureux de trouver un nouvel ami ". 

Ils l'amenèrent devant tout le monde afin de faire passer la pêche aux informations comme une manière de faire connaissance avec tous les membres de la noblesse présents, ainsi on ne pourrait lui reprocher d'être trop curieuse ou de ne pas être polie vis-à-vis du duc.... La blonde le regarda toujours avec son magnifique sourire rassurant et ses yeux pétillants : 

'' Vous étiez, d'après ce que j'ai pu entendre, dans un temple guerrier ! Vous devez être sûrement un talentueux guerrier ! Je suis convaincue que mon frère Gideon serait ravi d'échanger le fer avec vous, n'est-ce pas ? ''  

Elle sourit à son frère avec amusement, c'était une petite joute indirect mais c'était toujours amusant. 

'' Je suis sure que beaucoup d'entre nous seraient ravis d'entendre qu'elle était votre vie d'apprenti guerrier ? Et puis, est-ce là-bas que vous avez connu, Sir Valézy et Sir Ekar ? '' 

Et voilà ! Il ne pouvait se défiler... Elizabeth surveillait du coin de l’œil la famille du duc car ils étaient connus pour être des parents poules. Et au vu de la relation avec la famille de tonton Ewald, elle savait que, par conséquent, les petits escrocs qu'ils étaient, devraient éviter de brusquer la famille Alqué pour ne pas mettre dans une position délicate le Conseiller. Enfin, c'était sa stratégie pour le jour... La jeune noble savait que si elle voulait du croustillants et être en possession d'informations que personne d'autres n'auraient, il fallait absolument mettre en confiance la victime. En l'occurrence, les données qu'il ne voudrait donner ce jour-ci, alors elle lui ferait dire une autre fois...

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Akané
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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Dim 11 Sep - 18:11


Une petite tête blonde apparut devant son frère et commença un long et interminable monologue. Le garçon devait avoir douze ou treize ans, avec sa petite taille et ses traits juvéniles qui ressemblaient tant à ceux de sa sœur. Miyazé eut la bonne idée de mettre fin à son bavardage et ses ronds de jambes inutiles. Lorsque son père lui avait présenté le conseiller, il n'en avait pas fait de même avec ses pupilles. Chose que Miyazé rectifia, poussé par la force des choses. Le plus étrange était que l'ambiance s'était sensiblement détendu depuis l'arrivé de Gideon et d'Elisabeth. Même son frère semblait s'amuser de leurs belles paroles et de leur… chorégraphie ?
Haussant un sourcils, étonné, durant une fraction de seconde, Akané salua les deux jeunes gens avec respect. Il se raidit en voyant leur petite main tendu vers lui. Indécis, il jeta un coup d'oeil à son frère, qui souriait toujours, et attrapa leur main. Par habitude. Et il se retrouva harponné et entraîné loin de sa famille ! Il était comme piégé. Encerclé par plusieurs rangés de nobles.

Le jeune homme, tendu, écouta les Lockarths sans essayer de se dégager. Il ne voulait pas paraître impoli ou insolant dès son arrivé. Du coin de l'oeil, il vit Valézy – suivi de Also déguisé en Ekar – essayer de le rejoindre. Mais les nobles ne semblaient pas vouloir les laisser approcher, ne se déplaçant pas d'un centimètre.
Ami ? C'était une question ridicule. Gideon et Elisabeth devait avoir six ans lorsqu'il habitait au château. Ils ne s'étaient donc jamais fréquentés.
Ce fut ensuite au tour de la sœur de prendre le relais, et celle-ci posait déjà des questions plus vraisemblable.
Il se redressa légèrement.
- En effet, c'est dans un des temples guerriers que j'ai rencontré pour la première fois mes hommes. En tant que moine apprenti, en plus de prier et de vaquer à mes corvées, je devais me rendre auprès de la population pour lui prêter assistance. Nous sortions donc souvent pour réparer un préjudice causé à un notable, aider à résoudre un crime ou poursuivre des fugitifs.
Il fait un léger sourire de façade. Sentant que les petites têtes blondes n'en avaient pas fini avec leurs questions.
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Gideon
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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Mar 13 Sep - 13:37

HJ- Utilisez la réplique de Gideon pour clôturer la séance mais du coup vous pouvez continuer à parler un peu! ça permet d'avancer un peu ;p

Gideon eu un sourire un coin en voyant Akané se détendre face à sa sœur. Ainsi donc il était du type pondéré, de ceux qui préférait le raisonnement à l’émotion. Pour preuve il n’avait répondu qu’à ses questions à elle et lui, il était totalement ignoré ! Alors que c’était lui, Gideon, qui avait eu l’idée de ce piège ! Ok certes il ne parlait pas l’adulte mais quand même !
Le petit compte devait bien se l’avouer, il était incapable de tenir une conversation sérieuse trop longtemps. Enfin si, mais pas quand il n’en avait pas envie et aujourd’hui la curiosité et l’envie de s’amuser prenaient le pas sur le reste. Alors autant se taire et tendre des pièges ! Il écouta attentivement la conversation entre Akane et sa moitié qui dura encore après que celui se fut exprimé sur son quotidien au temple où il était réfugié. Ce qui l’étonnait c’était le calme du duc : presque anormal ! Personne n’aimait se retrouver coincé ainsi, privé du support censé le protéger de lui-même de cette horde affamée qu’était les nobles. Mais lui… Soit il ne ressentait rien, soit il avait appris à se maîtriser. Hors la première assertion était impossible au vue de leur incroyable chorégraphie ! Et il n’avait pas réagi à son sourire ravageur ! Comment avait-il pu ?!?
Aussi discrètement que possible Gideon scruta les émotions d’Akane sur son visage pendant l’interrogatoire pacifique d’Elizabeth. Elle ne pêchait pas trop loin pour ne pas le gêner et ne pas s’attirer son animosité. Bien plus habituée au jeu des adultes que son jumeau. Pas folle la guêpe ! Lui se faisait un devoir d’ancrer toutes dissonances pour pouvoir ensuite comparer son impression avec Elizabeth. Et il avait du travail ! Ce ton monocorde accentuait le manque d’enthousiasme, peut-être était-il mal à l’aise ? C’était une possibilité mais ce n’était pas son impression. Akane renvoyait l’image de quelqu’un de froid et d’imperturbable. Un digne descendant de la famille Alqué en somme cependant même le père semblait plus émotif. Les voies de la discussion devenaient de lointains murmures à mesure que Gideon observait son sujet d’étude. Il essayait de lier le personnage avec le discours qu’il entendait. Fronçant des sourcils, une évidence s’imposa à lui : impossible de savoir si le duc était vraiment froid mais en tout cas, il dressait un mur entre lui et les autres. Et ce mur, il tenait absolument à ce que personne ne puisse le franchir. Mais plus important encore était cette façon d’interagir avec le reste. Son corps restait distant, comme un étranger, ou plutôt comme si tout ça le toucher de loin.
Penchant la tête sur le côté la conclusion vint d’elle-même :
« Vous n’êtes pas vraiment content d’être là. »

C’était une constations. Mais c’était assez étonnant venant de quelqu’un qui avait passé des années difficiles séparé de sa famille et des privilèges de son rang ? Qu’est-ce qu’il avait gagné durant ses années à part l’expérience de devenir un homme ? Et surtout qu’avait-il perdu en revenant ? Etait-ce le devoir qui lui paraissait d’un seul coup lourd alors qu’il avait vécu une vie humble ces dernières années ?
Mais Gideon se prit un coup dans les côtes de sa jumelle et le choc le fit revenir sur terre. Il la vit faire une courte révérence s’excusait-elle de son comportement ? Et merde…. ET MERDE ! Se rendant compte qu’il avait parlé à voix haute, trop basse pour être entendu du reste des nobles mais assez pour qu’Elizabeth et Akane s’en rendent compte ! Gideon posa la main sur son cœur et s’inclina en présentant ses excuses. Elizabeth lui tira la manche en l’emmena vers la base arrière de la cohorte d’accueil. Gideon fit une grimace d’excuse en murmurant un « sans rancune » discrètement au duc pendant que mère et frère Alqué revenait le récupéré ayant enfin réussis à se frayer un chemin.

Il se vit tiré vers la horde de de noble qui attendait son tour et souriait en voyant les jumeaux avec une Elizabeth en colère… Un spectacle dont ils avaient l’habitude maintenant ! Sauf que la Lady le traîna encore un peu plus loin, et là le compte comprit le message. Il avait autant merdé ? Dès qu’elle s’arrêta, il colla à plat ses deux mains entre elles, les colla sur son crâne et baissa la tête en signe de remord intense. Bien sûr ça n’allait pas suffire mais les années lui avaient appris que faire preuve de remords lui accordait plus de clémence qu’un joli sourire avec Lady Lockarth…

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Elizabeth
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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Ven 16 Sep - 21:42

Elizabeth vit que le duc se redressait et elle fut satisfaite qu'il soit enclin à parler. Bien qu'elle fut assez vite déçue, étant donné qu'il restait assez froid et distant, sans s'attardait sur les détails, ni quoique ce soit. Haaaaan... Elle allait devoir redoubler d'efforts là ! Sûrement, le duc Akané avait grillé leurs attentions et il était ainsi car il avait certainement des choses à cacher... Mais quoi ? S'il croyait qu'elle allait abandonner, c'était qu'il ne savait absolument pas à qui il se frottait. Malheureusement pour lui, il l'apprendrait à ses dépends. Gideon et elle n'étaient pas les jumeaux Lockarth pour rien ! C'était bien pour cela, que celle-ci continuait à le faire parler de manière tout à fait innocente (il ne manquait d'ailleurs que l'auréole au-dessus de sa tête). Elle essayait d'obtenir le maximum d'informations qui pourrait lui permettre de ré-engager une discussion, notamment à l'avenir. Son but n'était pas vraiment de le mettre en difficulté, juste de le mettre à l'aise pendant que Gideon...

Mais qu'est-ce qu'il faisait ? C'était bien la première fois qu'elle le trouvait aussi silencieux d'une part. La jumelle se demanda s'il boudait car le duc ne faisait la conversation qu'avec elle... Bon, elle songerait à le taquiner plus tard sur le sujet d'ailleurs mais en zieutant de manière discrète, Elizabeth trouvait qu'il agissait de manière très étrange. La sœur en vint même à se demander si elle était passée à côté de quelque chose car elle ne comprit absolument pas pourquoi il était en train de détailler aussi minutieusement le duc ? Etait-il tombé sous son charme ? A force de se déguiser en elle, il avait commencé par s'imprégner de sa féminité ? (HJ/ Si tu savais....). Ou peut-être avait-il repéré une chose qu'elle n'avait pas pu voir ? La curiosité d'Elizabeth pour la trouvaille de son frère grandit au fur et à mesure de la discussion jusqu'à ce que... 

" Vous n’êtes pas vraiment content d’être là. " 

Non... Gideon n'avait absolument pas dit sa constatation, tellement évidente par ailleurs, à haute voix comme un abruti au duc. Non. C'était elle qui était tellement dans ses pensées qu'elle s'était imaginée ce que son frère aurait pu dire mais il ne l'avait pas fait, n'est-ce pas ? Elizabeth porta son regard sur le duc et quand elle vit son visage, la réalité la frappa de plein fouet. Oh Seigneur, il l'avait dit... Si elle pouvait tuer son jumeau, là tout de suite, sur place, la blonde l'aurait fait avec plaisir. Ne perdant pas de temps, elle préféra agir vite, pendant que le duc était encore abasourdi par la phrase choc pour mettre un gros coup dans les côtes de ce qu'il lui servait de " grand frère " pour ensuite, faire une petite courbette, s'excuser du comportement de comte Lockarth pour enfin se retirer, doucement en attendant que Gideon la suit. 

Une fois que celui-ci avait salué le duc, Elizabeth attrapa la manche de son sosie masculin et le traîna derrière elle, suffisamment loin pour l'engueuler comme un poisson pourri et lui remettre ses neurones à leur place. Dès qu'elle estima qu'ils étaient assez éloigné, elle fit volte face avec un regard... Comment dire ? Si ses yeux pouvaient tuer, Gideon serait mort et elle se contenta de croiser ses bras, ne pipant mot. Celui-ci, au vu de sa position pour demander son pardon, savait très bien qu'il avait merdé. Mais c'était plus fort qu'elle, elle tendit son poing en avant et tapa le haut du crâne de celui-ci en lui hurlant un : " Abruti ! " . Après quoi, la jeune fille soupira un grand coup, réfléchissant à la stratégie à adopter. 

Il était inutile de se rapprocher du duc de nouveau, il se braquerait certainement. Puis, ils venaient de griller leur tour, les Lockarth ne pouvaient le monopoliser non plus. Toutefois, elle se fit la remarque que techniquement, le duc Akané n'était pas venu seul donc... 

" Eliiiiii... " 

La prénomée Eli, roula des yeux : 

" Oui, je te pardonne, range tes yeux de merlans frits..." 

Puis, sûre de son plan, elle regarda son frère avec cette nouvelle lueur de challenge dans les yeux. 

" Vu que nous ne pourrons plus approcher le duc, il nous reste plus qu'à... " 

Elle regarda un instant des nouveaux arrivants. Le duc était entouré de sa famille et les deux autres membres légèrement en retrait... La jeune noble montra la direction des deux compagnons du duc de sa tête. 

" Je m'occupe du Seigneur Valézy et toi du jeune Ekar. " quand elle vit qu'il allait contesté elle répliqua directement : " Tu as déjà fait une boulette avec le duc, je ne te laisserais certainement pas faire une deuxième avec lui ! " 

Elizabeth rit de la bouille boudeuse de son frère. Du coup, elle l'embrassa rapidement sur la joue et lui fit un clin d’œil avant d'aller approcher du côté du Seigneur Valézy qui était parti chercher de quoi boire. Elle se servit d'une coupe de jus de fruits et sourit en inclinant sa tête pour le saluer. 

"Que pensez-vous de l'accueil Ekiardien, Sir …?" 

Elle espérait vraiment que celui-ci serait moins froid et plus enclin à faire la discussion que le duc... 

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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Sam 17 Sep - 14:45


Les questions de la demoiselle Lockarth prouvaient qu'ils avaient eut raison de préparer une longue et grande histoire à raconter. S'ils s'étaient fait moines guerrier, ce n'était pas par lubie mais parce que la vie de ces derniers étaient jalousement gardée secrète par leur membre et que personne ne connaissait ce qui se passait réellement à l'intérieur. En entrant dans le temple, les moines recevaient un nouveau nom, et seuls ce qu'ils faisaient à l'extérieur des murs étaient connus. Donc, si une personne mal intentionnée voulait envoyer un espion à Fontegür pour vérifier leur histoire, ils se retrouveraient face à un véritable mur.

Akané expliqua donc qu'il avait du nettoyer le sol, les tables, les couverts des moines durant les premiers mois, tout en apprenant les techniques de combat des moines guerriers. Son entraînement initiale l'ayant aidé.
Il avait du apprendre également leur dialecte et leurs prières, participer à leur cérémonie religieuse, et apprendre quelques légendes et le sacerdoce. Mais sa formation d'érudit s'était arrêtée là. Les jeunes moines ne faisaient qu'obéir aux ordres et faire ce qu'on leur demandait.

Tout en discutant avec Elisabeth, il vit Gideon l'observer, comme s'il cherchait la moindre faille dans son attitude. Et Akané fut déstabilisée par ses paroles. Elles raisonnèrent en lui comme un écho.

« Vous n'êtes pas vraiment content d'être là. »

Il avait raison. Il n'était pas particulièrement heureux de se retrouver à la cour. Il avait l'impression d'être jeté dans la gueule du loup, comme pour ses premiers jours parmi les voleurs. Le moindre faux pas l'avait mis dans des situations périeuses ou inconfortables, et il avait appris à supporter les brimades, serrer les dents et garder ses émotions pour lui. A la cour d'Ekiard, le moindre faux pas pourrait jeter le dévolu sur lui ou sa famille, ou même risquer la vie de ses compagnons. Peut-être ne se montrait-il pas assez chaleureux et souriant face à la multitude scintillante et joyeuse.
Mais il avait perdu depuis longtemps sa capacité à sourire béatement.
Il devrait jouer le rôle du duc « content » d'être de retour parmi les siens. Un changement d'attitude soudain ne lui rendrait pas service, mais il mettrait en place ce nouveau rôle dans les jours à venir ; sans en faire de trop, car il n'avait pas l'intention de jouer le rôle du parfait petit noble non plus. Pour l'heure, il fit un léger sourire aux jumeaux Lockarth qui se hâtaient de s'excuser de cette maladresse et de disparaître de sa vue.

Souriant un peu plus en les voyant s'éloigner, il se tourna vers la personne qui venait de lui prendre le bras. Sa mère lui sourit, chaleureusement.
- Tu souris enfin, mon fils, cela me rempli de liesse.
Il prit la main de cette femme quadragénaire, vieillie avant l'âge d'avoir perdu un enfant – mais aux yeux brillants de l'avoir enfin retrouvé. Il recouvrit sa main à la peau douce et parfumée pour la porta à ses lèvres et embrasser ses doigts.
- Je suis heureux de vous retrouver, mère.
Celle-ci en fut ému aux larmes et il l'entoura d'un bras pour la réconforter.
- Nous sommes également heureux de te revoir, assura à son tour Miyazé. J'espère que Monsieur et Mademoiselle Lockarth ne t'ont pas trop ennuyé.
- Nullement. Mais je crois qu'ils amusent souvent la cours, n'est-ce pas ?
Son frère confirma d'un signe de tête et l'emmena un peu plus loin pour le présenter à d'autres amis de la famille. Enfin, disons plutôt des relations de travail plus que des amis mais les liens personnelles et professionnelle étaient si intimement liés qu'il était difficile de les différencier à la cour. Il vit du coin de l’œil Also le suivre tout en restant à l'écart et bientôt être accosté par Gideon. Décidément les Lockarth n'en avaient pas fini avec eux. Ils espéraient juste que leur faux Ekar ne commettrait pas d’impaire.

*

Also était impressionné d'être dans le château d'Ekiard. Il n'avait jamais vu de salles aussi grandes et aussi somptueuse. Même le sol semblait avoir été revêtu ses plus beaux atouts. Il n'avait jamais vu autant de nobles réunis aux mêmes endroits. Ils étaient tous beaux et si élégants, que même avec ses vêtements déjà bien trop coûteux pour lui sur le dos, il avait encore l'impression d'être mal apprêté.
D'ailleurs, il ne cessait de penser qu'il n'aurait jamais du être là et qu'il devrait prendre les jambes à son cou avant qu'il ne soit trop tard. Mais il ne pouvait plus faire machine arrière. Le seigneur Akané et ses compagnons ne le laisseraient pas faire, et s'il commettait la moindre erreur, toute cette histoire pourrait bien lui coûter la vie.
Ses yeux ne cessaient de regarder si Messire Akané ne s'éloignaient pas encore ou se posaient sur tout ce qu'il y avait autour de lui. Que ce soit les objets, les personnes ou les peintures au-dessus de leur tête. Sans compter le lustre en cristal au-dessus de leurs têtes.

Also ne sortit de ses pensées qu'en entendant une voix fluette près de lui. Il se tendit en reconnaissant l'ancien interlocuteur du seigneur Akané. Gideon Lockarth. Il tenta de sourire pour paraître aimable et se pencha maladroitement en avant. Avant de parler, il se rémémora la manière de parler du vrai Ekar et son accent à découper au couteau.
"Mon seigneur ?"
Il n'avait pas entendu ce qu'il venait de dire. Et pour tout dire, il aurait préférer rester silencieux et continuer de se faire oublier. En plus ce garçon, qui devait avoir un peu près son âge, le mettait mal à l'aise, avec ses grands sourires, ces manières efféminées et son statut de noble.
"Pardon, je n'ai pas entendu vos paroles."


*


De son côté, Valézy en avait profité pour faire connaissance avec quelques jeunes femmes de son âge. L'une était mariée, mais l'autre était encore un cœur à prendre.^^
Il ne s'était pas encore décidé sur la vie qu'il mènerait à la cours. Pourrait-il ravir les cœurs de ces dames en tout impunité ? Leur mari ou leur prétendant ne serait pas content... Il devrait être discret ou aller s'amuser en ville. Dans tous les cas, il était bien décidé à profiter de cette nouvelle vie qui s'offrait à lui. Il pourrait avoir des projets, un avenir… une famille.
Pour l'heure, tout comme pour Akané, revenir dans un milieu aussi privilégié était une épreuve, et les mœurs de ces ékardiens étaient pour le moins compliqués et alambiqués. Dire qu'il venait de la petite noblesse contrairement à Akané. Et il avait quitté la vie de noble depuis longtemps !

Il s'approcha du buffet dans l'intention de prendre un verre, pour lui et les créatures de rêves qu'il avait abordé. Il n'avait jamais eu le privilège de fréquenter ni d'avoir dans ses draps des femmes d'une telle qualités.
« Que pensez-vous de l'accueil Ekardien, Sir… ? »

Valézy se tourna, surpris, et sourit en reconnaissant la demoiselle.
« Mademoiselle Lockarth, n'est-ce pas ? »
Il s'inclina légèrement, deux coupes entre ses doigts et l'autre dans sa main.
« Je trouve l'accueil des plus chaleureuses. Les Ekardiens sont des personnes vraiment agréables, surtout les jeunes demoiselles. »
Il lui fit un clin d’œil. Valézy s'exprimait aisément dans cette langue, avec un accent chantant qu'il travaillait à faire disparaître. Il regarda autour de lui la foule, repérant les deux jeunes femmes qui l'attendaient.
« Avez-vous toujours vécu dans ce magnifique château ? Je dois dire que je n'ai rarement eu l'occasion de voir de près pareil merveille ! »
Et il y avait tant d'objets et d’œuvres rares à voler ! C'était une bénédiction pour un ex-voleur de pouvoir profiter et bivouaquer entre toutes ces merveilles !
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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Lun 19 Sep - 19:29

Gideon souffla intérieurement : il avait eu de la chance. Magnanime, sa lady lui avait laissé la vie sauve ! Même s’il se disait que ses yeux de petits chiots n’y étaient pas pour rien dans cette clémence. Merlan frits ? Elle était trop timide pour avouer le contraire, trop choute Elizabeth !! Il regarda son nouvel objectif désigné par elle.
…. Ekar, Ekar, l’arc-en-ciel ambulant là ? Le petit comte n’eut même pas le temps de faire une réclamation qu’il dût clouer son bec. N’empêche, il n’appréciait pas trop l’idée d’aborder cet inconnu seul… certes il avait un caractère à s’entendre avec tout le monde mais jamais encore il n’avait discuté avec… C’était quoi leur relation pour commencer ? Un homme de main ? Après, contrairement au duc, Ekar lui venait réellement de ce monde n’allait-il pas encore faire une plus grosse erreur ?
Bon, cette fois-ci il allait de voir assurer !

Gideon s’avança discrètement vers le compagnon. Celui-ci était seul, ne demandant qu’à se faire dévorer par notre petite fouine de Lockarth.

« Monsieur… Ekar c’est ça ? »

Habillé de son plus beau sourire, le petit comte s’avança vers Ekar. Ce dernier était… tendu. Compréhensible vu qu’il arrivait dans une cour dont il ne connaissait que les récits de son duc. Gideon hocha la tête en guise de salut face à sa révérence et puis ooooooooh ! C’était quoi cet accent ? Malgré toute son éducation, il ne put retenir un léger écarquillement en entendant Ekar parler. Il avait rarement eu à faire à des étrangers, et certes, chaque région avait développé son propre accent, mais jamais encore il n’avait entendu des sonorités aussi exotiques ! Sa surprise passée, il laissa son sourire grandir pour montrer son contentement. voyant que son interlocuteur ne l’entendait pas, Gideon y vu un moyen de ruser. Il parla encore plus doucement la deuxième afin de se présenter mais bien sûr, Ekar ne l’entendit toujours pas.

Alors il toucha sa manche et lui indiqua un coin de la salle plus tranquille, avec moins de bruit, à quelques mètres à peine pour que le jeune compagnon ne fut pas inquiet de perdre son duc de vue. Posant sa main sur son bras pour l’entraîner, Gideon continua à sourire afin de l’obliger à le suivre. C’était un kidnapping volontaire en sorte. Ce petit piège marchait bien avec les gens n’appartenant pas à la noblesse. Ils avaient toujours peur de blesser ou vexer ces aristocrates belliqueux et n’avaient jamais appris à leur refuser une faveur ou un ordre correctement.
Et Ekar se trouvait sûrement dans cette catégorie.
Par chance, ils étaient tous deux dans la même tranche d’âge. Il devait avoir quoi 17 ans au plus ? Parfait il pourrait se montrer un peu plus familier et peut-être que cela le détendrait.
« Ici c’est mieux non ? Avec toute cette cohorte d’accueil on ne s’entend plus parler ! »



Il rigole d’un ton léger. Cependant Ekar ne semblait pas démordre de son inquiétude ; lui tapotant sur l’épaule il poursuivit d’un ton compréhensif.
« Ne vous inquiétez pas, personne ne mangera le duc ni vous ce soir ! Son frère le duc d’Askin Miyazé l’a bien fait comprendre à tout le monde ! Et je préfère ne pas me faire taper le doigt par la famille Alqué ! »
Il rigolait comme s’il s’agissait d’une blague de convenance espérant, sans trop de naïveté non plus, que l’ambiance briserai a glace.

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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Mar 20 Sep - 16:31

Le noble se tourna vers elle, surpris, ne s'attendant certainement pas à ce qu'une personne lui adresserait la parole. Encore moins, une jeune petite demoiselle comme elle. Elizabeth le détailla rapidement. Il était... comment dire... fort élégant et paraissait drôlement jeune ! En soit comme son ami le Seigneur Sayanel. Mais il fallait dire qu'aucun des deux ne valaient la beauté et la virilité de tonton Ewald ! Le bel homme, face à elle, lui sourit et demanda :

« Mademoiselle Lockarth, n'est-ce pas ? »

« Quel mémoire, Seigneur Valézy ! »

Elle le vit s'incliner légèrement et Elizabeth le salua à son tour en un hochement de tête. Après s'être redressé, celui-ci se mit à répondre à sa question. 

« Je trouve l'accueil des plus chaleureuses. Les Ekardiens sont des personnes vraiment agréables, surtout les jeunes demoiselles. » 

La jeune Lockarth eut un petit rire à sa réponse. Comme la plupart des nobles, il restait un homme ! Mais, au moins, il s'en cachait pas ! Elizabeth songea qu'elle allait bien s'entendre avec lui s'il était de manière générale aussi spontané et taquin. La blonde constata qu'il regardait en direction de deux jeunes femmes, certainement qui l'attendaient. Elle fut toutefois sortie de ses pensées quand il reprit la parole. 

« Avez-vous toujours vécu dans ce magnifique château ? Je dois dire que je n'ai rarement eu l'occasion de voir de près pareil merveille ! » 

Elizabeth sourit à sa remarque. En effet, la capitale avait un charme tout particulier, sans parler des goûts artistiques du roi. De ce fait, toute personne étrangère (même issue des contrées voisines) était toujours impressionnée par l'esthétisme du château. Verreries, peintures et les personnalités de la cour. Ce tout faisait d'Ekiard ce qu'elle était. Une belle grande cité, puissante. De plus, la cour d'Ekiard, d'après les rumeurs, était très très différente des autres cours. Sûrement que chaque chef de région faisait sa petite soupe personnelle et tant qu'il respectait la grande loi du Roi, cela ne gênait pas au final. La petite noble reporta son attention sur le noble qu'elle avait accosté. Il regardait en direction de deux jeunes femmes qu'elle reconnut assez aisément. 

« Je vois que vous êtes attendu, Sir. Savez-vous que l'une d'elle a déjà un époux ? » puis elle roule des yeux pour souffler doucement : « Bien que d'après les rumeurs, elle aurait déjà un amant. » 

Sentant le regard intrigué du Seigneur Valézy sur elle, elle maintint tout de même son regard droit devant elle, le laissant se posait des questions pour reprendre : 

« Quand à l'autre jeune femme, elle cherche un homme riche. Elle fait partie d'une petite famille qui essaye de faire sa place à la cour, du coup un mariage avec un noble plus riche, serait très avantageux pour eux. » 

La jeune Lockarth lui sourit avec innocence. 

« Mon jumeau et moi-même, bien que nous soyons jeunes, nous voyons et savons pas mal de choses de la cour d'Ekiard. Je dirais presque, en toute modestie, que rien ne nous échappe. Nous sommes également du genre conciliants et généreux, à condition que nous estimons que le jeu en vaut la chandelle. » 

Voilà, les présentations étaient faites. La blondinette avait fini son discours par un clin d'œil, afin d'appuyer le côté jeu que sérieux de tout cela. Le Seigneur Valézy savait à présent à qui il avait à faire et peut-être, il ne la considérerait pas comme une simple gamine, dont la compagnie était lassante. De plus, combien même, il voudrait en parler au duc Akané, celui-ci aurait du mal à le croire, au vu du comportement qu'elle avait eu vis-à-vis du jeune Alqué. Pour s'assurer que celui-ci reviendrait un jour où l'autre vers elle, Elizabeth rajouta avec un sourire en coin et un regard qui en disait long : 

« Je vais être honnête avec vous, j'ai du mal à croire à votre histoire à vous et au duc. » 

A lui de comprendre avec ses amis, que s'ils voulaient éviter des fuites sur ses soupçons, soit ils revenaient vers elle avec la vraie version des faits ou ils apportaient avec eux un argument suffisant pour la faire taire définitivement. Et évidemment, cela devrait rester entre eux. Pas besoin d'influence familiale et elle le rappela doucement. 

« Enfin, cela n'engage que ma personne évidemment. » Elle hocha de nouveau sa tête pour le saluer. « Je me promène très régulièrement dans les jardins du château en milieu d'après-midi. Ça serait un plaisir de vous revoir très prochainement, Sir Valézy. » 

Elizabeth lui sourit innocemment une dernière fois avant de se retourner et se diriger vers la sortie. Elle avait cru apercevoir que son jumeau était sorti avec le jeune Ekar, donc plus rien ne la retenait dans la salle des fêtes. La jeune Lockarth décida de rentrer chez elle et de profiter d'un bon bain chaud en attendant que Gideon revienne. Au moins, elle pourrait paresser dans le bain sans qu'une tempête blonde vienne l'emmerder. La jeune demoiselle, tout en se rendant dans ses appartements, réfléchissait à la situation qu'elle avait créé, songeant aux différents scénarios possibles. Mais en tous les cas, elle attendrait sagement de les rencontrer et en fonction la rencontre, elle aviserait. 

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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Mer 21 Sep - 21:27


Also n'entendait toujours pas le comte. Parlait-il doucement ou y avait-il trop de bruit autour d'eux ? Gideon ne lui laissa pas le temps de la réflexion. Il l'emmenait plus loin, et il ne voyait pas comment il pouvait refuser !

« Ici c’est mieux non ? Avec toute cette cohorte d’accueil on ne s’entend plus parler ! »

Le roturier acquiesça, indéci. Il regarda la main qui venait de se poser sur son épaule et écouta. Non, il ne se faisait pas de soucis pour Akané, mais pour lui. Si quelqu'un venait à savoir qu'il n'était pas qui il prétendait être, il mourrait certainement pour avoir voulu s'introduire à la cour, et sa famille ne serait jamais ce qu'il était devenu. Personne ne se préoccuperait de les prévenir, et encore moins ses employeurs qui subiraient un sort aussi enviable que le sien.

Il y avait un peu moins de monde de ce côté-ci. Les nobles gravitait surtout autour du buffet ou de la famille Alqué comme des abeilles autour d'un pot miel. L'atmosphère était moins oppressante, plus respirable. Also prit une profonde inspiration et il se tourna vers le comte avec un petit sourire aux lèvres – à la mode « Ekar ».

« Que voulez-vous de moi, Mon seigneur ? »

Il l'abordait pour une raison précise, sinon pourquoi prendre la peine de parler à un miséreux comme lui ? Enfin… plutôt, comme un humble gentilhomme comme Ekar ?

*

Valézy ne s'attendait pas à ce que la jeune Elisabeth lui parle des deux femmes qui l'attendait, et surtout, pas d'une manière peu aussi crue ! Elle avait non seulement compris ses intentions, mais en plus elle lui servait sur un plateau que la récente marié s'était déjà trouvé un amant. Et que donc, elle pourrait finalement être intéressée. Mais qui était cette gamine ?!
Il sourit en la voyant continuer comme si de rien était. Un homme riche ? Ha… décidément, il n'avait pas la moindre chance en la circonstance, mais après tout il ne cherchait pas à se faire passer la corde autour du cou !

Il allait lui réponde par une boutade : « Ha… ce n'est pas pour moi, aurait-il soupiré, je n'ai qu'une malle remplis de babioles en toute possession ! »
Bien sûr, Akané lui donnerait une rente dès qu'il en aurait une de sa famille, mais cela ne ferait certainement pas un bon partie pour autant. Dans l'avenir peut-être, aurait-il une belle propriété – une ferme ou un vignoble – qui lui rapporterait. Mais il ne serait pas pour autant riche.
Cependant, la conversation, au lieu de poursuivre son chemin, prit une nouvelle tournure.

« Mon jumeau et moi-même, bien que nous soyons jeunes, nous voyons et savons pas mal de choses de la cour d'Ekiard. Je dirais presque, en toute modestie, que rien ne nous échappe. Nous sommes également du genre conciliants et généreux, à condition que nous estimons que le jeu en vaut la chandelle. »

Ceci était pour le moins intéressant. Si c'était vrai. Cependant, comment deux gamins de leur âge pourrait être au courant des intrigues de la cour ? La demoiselle Lockarth lui servait-elle un mensonge pour faire son intéressante ? A quoi cela l'avancerait-elle ? Avait-elle autant d'informations croustillantes sur la noblesse ekardienne ou embellissait-elle le tableau pour jouer les intrigantes ? L'un comme l'autre étaient envisageables, bien que la seconde était malhabile. Mais quelque chose, dans son attitude ou sa prestance, lui disait qu'il y avait une part de vérité dans ses propos.
Elle était plus maligne qu'elle en avait l'air. Ou plus dangereuse, car ses dernières paroles n'avaient rien d'anodin.

« Je vais être honnête avec vous, j'ai du mal à croire à votre histoire, à vous et au duc. »

Il la regarda plus attentivement. Elle était sûr d'elle, sereine, comme si elle sortait ce genre de chose tous les jours. Et son petit sourire inoffensif, son visage d'ange lui servait à masquer ce qu'elle pensait véritablement, lui servait à embellir les mensonges ou adoucir le venins qu'elle crachait.
On pouvait dire que sa couverture était bien rodée. Comme la leur.

Les menteurs se reconnaissent entre eux.

Elisabeth Lockarth en était indiscutablement une. Elle avait vécu dans ce milieu privilégié et connaissait les ficelles du métier. Si noble n'était pas une profession, c'était un art de vivre. Et quelqu'un qui ne savait ni se défendre ni voir les pièges de la vie publique risquaient de voir sa vie ruinée, anéantie, sacrifiée même, pour servir les desseins des autres. Dans ce genre de milieu, une parole ou une rumeur pouvait à elle seule gâchée une réputation.

« Enfin, cela n'engage que ma personne évidemment. » Elle hocha de nouveau sa tête pour le saluer. « Je me promène très régulièrement dans les jardins du château en milieu d'après-midi. Ça serait un plaisir de vous revoir très prochainement, Sir Valézy. »

« J'en prends note, Ma demoiselle. » Il se pencha devant elle et ajouta : « Il y a en effet encore quelques ombres au tableau, mais vous ne connaissez pas toute l'histoire, Comtesse. »

Il fit un sourire aimable. Il était bien inutile de se défendre en la circonstances. Soit, ils réussissaient à la convaincre que leur version des faits valait bien mieux que la vérité, soit il lui ferait comprendre d'une façon ou d'une autre.
Il la regarda s'éloigner, plongé dans ses pensées.


Si la jeune comtesse avait en effet connaissent des faits et gestes des personnalités de la cours, elle pouvait créer l'intrigue et lancer elle-même les rumeurs. Celle-ci étaient comme les flammes au milieu d'un champs de blé. Rien ne pouvaient les arrêter quand elles étaient lancées ; combien même s'agissait-il de mensonge éhonté. Le mal était irrévocable.
Si la demoiselle décidait d'émettre des doutes sur la véracité de leur histoire, des oreilles les entendraient et des assentiments finiraient par apparaître, et venir remettre en doute leur honnêteté. Seulement, la petite Lockarth serait-elle capable de mettre en application sa menace voilée ?

Ils devraient le déterminer, chercher des choses compromettante contre les Lockarths et, en premier lieu, faire comprendre à Elisabeth qu'il ne serait pas bon de dire toute la vérité sur cette histoire.

Pour l'heure, il devait rejoindre ses futurs, éventuelles conquêtes. Inutile d'éveiller un plus les soupçons de la Lockarth en se précipitant vers Akané et lui raconter tout. Celui-ci avait de toute façon bien d'autres choses à se préoccuper pour le moment, et l'inquiéter avec cela tout de suite ne servirait à rien.
S'ils rejoignaient trop tôt Elisabeth aux jardins pour continuer leur discussion, cela paraîtrait louche ; et d'un autre côté, ne pas s'y rendre serait risquer qu'elle rependent la rumeur juste pour voir le plaisir d'avoir raison ou de connaître la vérité sur le passé d'Akané.

Ignorant qui elle était et ses intentions, la prudence était la seule voie possible.


Alors qu'ils rejoignaient ses belles, une dernière question lui vint à l'esprit. Et le jeune Gideon, avait-il la même duplicité que la jeune femme ? La cachait-il encore mieux qu'elle ou était-il plus inoffensif que sa sœur ? Il devrait également le découvrir.

« Hé bien ! Vous avez été bien long, Messire Valézy ! »
« Ha pardonnez-moi, j'ai été retenue au buffet ! »
roucoula-t-il.
« Vous vous entreteniez avec Mademoiselle Lockarth ? »
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Gideon
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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Dim 25 Sep - 11:49

Gideon sourit de plus belle en voyant celui d’Ekar. Et bien on y arrivait ! Pas de raison que le jeune homme soit aussi sur la défensive après tout il n’était pas jeté en pâture dans la fosse au lion comme son maître !

« Que voulez-vous de moi, Mon seigneur ? »
Les épaules de Gideon s’affaissèrent légèrement : ne pouvait-il pas y avoir quelqu’un de détendu qui ne se sente pas en danger à simplement discuter avec un gamin de quatorze ans ? Allez, un petit effort Monsieur Ekar, vous pouvez faire la différence ! Ce petit sourire là ! Parfait on part sur ça.
Le petit compte agita la main de gauche à droite rapidement avec un sourire d’excuse.
« Non non, ne soyons pas aussi formel je ne viens rien vous demander rien ce jour de fête ! Au contraire je viens m’assurer que vous profitez de la fête autant que….Il fronce les sourcils, votre maître ? Pardonnez-moi si je me trompe mais j’ignore tout de votre relation ! »
"Je suis au service de Messire Valézy. Messire Akané me traite en ami, et je le respecte beaucoup."
Il écoute attentivement la réponse d’Ekar sur le sujet. En ami ? Voilà qui en disait long et pas assez à la fois. Ekar était à la fois un support et un tendon d’Achille, les nobles avaient rarement des amis de basses naissances. Si le duc en avait ramené un c’est qu’il tenait à lui. Tapant dans ses mains comme pour l’encourager Gideon pris une mine surprise :
« Ami ? Vous en avez de la chance ! Beaucoup jalouseraient votre place ! Vous vous êtes rencontré.. en mission c’est ça ? »
"Non, Messire Akané était encore apprenti quand je l'ai vu la première fois. C'est plus tard, qu'on a travaillé ensemble."
Gideon hocha la tête pour signifier qu’il comprenait le contexte. Une autre question lui vint à l’esprit et il s’apprêtait à la poser lorsqu’il vit Elizabeth quitter Sir Valézy, le sourire aux lèvres. Elle avait eu ce qu’elle voulait. Très bien. Cependant cela voulait aussi dire qu’il allait lui aussi devoir finir cette conversation sans trop tarder.
En faisant le bilan qu’avait-il appris de plus ? Rien qui ne pouvait être utilisable, les deux versions semblaient concorder, cependant avec ses questions il n’y avait rien de compliquer à accorder ses violons. De plus si ils étaient amis, tous deux savaient ce qu’ils devaient taire ou révéler sils avaient dû répéter… Surtout pour Ekar, qui n’avait l’habitude ni des coutumes ni des habitudes… Gideon frappa son poing contre la paume de sa main. Il venait d’avoir une illumination. Bien sûr !
« Pardonnez-moi ! Je suis vraiment le dernier des goujats ! Tout le monde ne s’intéresse qu’à notre ami retrouvé, même si nous sommes tous heureux de le revoir, mais je ne vous ais même demandé si vous avez fait bon voyage ! Il pose ses mains sur ses joues comme pour montrer son désarroi ! Vous plaisez vous ici au moins ? J’ignore depuis combien de temps vous étiez dans ce temple mais le changement n’a pas été trop… drastique ? »
"C'est très différent de la vie là-bas, mais je suis sûr de préférer la vie ici. J'aurais une meilleur situation et... je pourrais suivre Messire Akané et Messire Valézy."
« La vie là –bas ? Vous avez toujours vécu au temple ? »

Le
gentilhomme n’avait pas l’air de vouloir se répandre en explication ni en quoique ce soit d’autre d’ailleurs.… Décidemment personne n’avait envie d’être ici ce soir ! Aaaaah si il pouvait arracher un morceau du passé d’Ekar ! Gideon pouvait sentir qu’il irait difficilement plus loin. Ce n’était pas de la timidité mais plus du repliement et il devenait difficile de forcer le passage sans sombrer dans l’impolitesse.
Ce dont il avait besoin c’était d’une porte de sortie.
Une ancre, un truc qui les rattacherai et qui leur donnerai une raison de se saluer dans les couloirs. Ekar ne lui avait pas dit quelle place il occuperait auprès du duc… ça c’était exploitable.
« Quoiqu’il en soit ! Sachez que vous êtes la bienvenue ! Je sais à quel point il peut être difficile de s’intégrer et ce, quel que soit sa place et son rang. Pour y avoir vécu toute ma vie vous vous doutez que j’y connais quelques ficelles ! Bref ! Souvenez-vous en, ça serai cool d’avoir un ami qui sache autre chose que la ligné de toutes les cours de ce pays ! »
Il parlait de plus en vite à mesure qu’il avançait dans son discours. Il sentait qu’il tombait dans ce blabla interminable spécifique à sa personne Il tapa l’épaule du dit Ekar et lui fit un clin d’œil. Une dernière fis il jeta un œil à l’endroit où s’était enfuis Elizabeth et s’y rendit d’un air joyeux.

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Akané
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MessageSujet: Re: Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552   Dim 2 Oct - 11:53


Also était toujours aussi tendu. Il y avait tant de nobles ! Et il n'arrivait pas à croire que l'un d'eux échange avec lui avec tant de familiarité. En répondant aux questions de Gideon, il avait toujours l’impression de dire des bêtises, d’oublier certains détails... Pourtant, il ne commettait aucune erreur : il ne se trompait plus depuis longtemps face ) des questions aussi simples. Il se souvenait même très bien de la ville et l'année de naissance d’Ekar. Cette sensation, cependant, ne le quittait pas. Peut-être que c'était simplement du au fait qu’il n’était pas habitué à mentir, contrairement à ses employeurs qui semblaient le faire avec autant facilité qu’un arracheur de dent.
En plus, il devait s’efforcer de parler un langage plus mondain que le sien, ce qui n'était pas une mince affaire ! Il commettait des fautes de langage, bien sûr mais messire Akané lui avait assuré que c'était très bien ainsi. Car Ekar en commettrait aussi lorsqu'il arriverait au château.

« Oui, je suis entré très jeune. Mon père était un moine guerrier. »

Le jeune Lockarth regarda en direction d’une sortie et se tourna à nouveau vers lui.
« Quoiqu’il en soit ! Sachez que vous êtes le bienvenue ! Je sais à quel point il peut être difficile de s’intégrer et ce, quel que soit sa place et son rang. Pour y avoir vécu toute ma vie vous vous doutez que j’y connais quelques ficelles ! Bref ! Souvenez-vous en, ça serai cool d’avoir un ami qui sache autre chose que la ligné de toutes les cours de ce pays ! »


Also mit quelques secondes à comprendre que Gideon s'apprêtait à prendre congé. Il ne s’était pas mis en révérence que le garçon tournait les talons !
« Adieu, Messire Lockarth. » dit-il précipitamment en se penchant.

*

Le dîner fut bientôt prêt. Une partie des convives furent invité dans les appartements des Alqué pour continuer à festoyer, tandis que les autres se retiraient déjà. Dans l’intimité de la salle à manger, qui pouvait accueillir une vingtaine de personnes, Akané et Valezy continuèrent de parler de leur passé inventé de toutes pièces. Ils apportèrent de menus détails sur la fuite d’Akané et ses premiers jours au temple, sur la vie dans celui ou des missions qu’ils avaient effectué ensemble. Il fallait bien alimenté la curiosité de ces nobles et, en même temps, garder un peu de mystère. Et puis, s’ils racontaient tout en une seule fois, certaines mauvaises langues diraient qu’ils n’avaient pas tout dit ou qu’ils omettaient de dire l’essentiel.
Seuls les plus habiles stratèges ou les plus malveillant d'entre eux comprendraient leur manège, et qu’il y avait bel et bien anguille sous roche.

Pour l’heure, les invités semblaient satisfait d’avoir eu le privilège d'étendre de nouveaux détails sur la vie du jeune duc. C’était donc comblé que le invités se dispersèrent après le dîner, rejoignant le salon des Alqué ou bien d’autres pièces du château pour apprendre les nouvelles fraîches à ceux, plus malchanceux, qui étaient restés à l'écart.

Deux heures après le dîner, les derniers invités prirent congés et la petite famille se retrouva seule au salon. Almara invita sa belle fille, la femme de Miyazé, à quitter les lieux et demanda aux compagnons de son fils de bien vouloit attendre dans une autre salle. Les autres passèrent dans son bureau pour être mieux installés ; plutôt que de rester au milieu des vestiges de la soirée.


Akané prit place au côté de sa mère, son frère s’assit face à eux, et Almara dans son illustre fauteuil à haut dossier dont Akané se souvenait très bien. Ses yeux bruns se posèrent sur l’assistance.
« J’ai fais appeler Sano Deï Lacq. Il devrait être parmi nous dans quelques minutes. »
Il reprit au bout de quelques secondes de silence.
« Comme vous le savez tous, cette histoire sur le temple guerrier est fausse et n’existent que pour cacher une vérité plus difficile à entendre. Si elle devait être révélée à la cours, l’honneur de notre famille serait bafouée… Si tenté que cet homme dure et froid comme la glace soit bel et bien mon fils ! »

Miyazé se redressa, les yeux écarquillés.
« Vous ne pensez tour de même pas qu’on nous aurait trompé ! »
Il se tourna vers son frère, abasourdit. Il n’avait pas pensé à cette éventualité ou l’avait déjà écarté.
« Vous êtes bien naïf, mon fils. Infiltré nos rangs pour les Fontegürs seraient une aubaine.
- Je ne peux le croire.
- Je ne reconnais pas là mon chenapan de fils, farceur et rieur, près à tout pour se faire remarqué et faire des bêtises ! »
s'emporta le général.

Miyazé allait encore répliquer lorsqu’Akané lui fit un signe apaisant. Il se tourna vers Almara.
« L’enfant dont vous parlez n’existe plus. Il a été traîné dans les bas-fonds les plus sordides pour sauver sa vie. Comment son âme aurait-elle pu en ressortir indemne ? »
Le duc se renfrogna, fronçant les sourcils.
« Que t’est-il arrivé ? l'encouragea Miyazé.
- Je me suis caché parmi les rustres jusqu'à atteindre le port. Malheureusement, les rebelles y étaient trop présents pour que nous puissions prendre un navire sans risque. C'est là que les anciens amis de mon maître l'ont trouvé et ont menacé ma vie s'il n'obéissait pas. A partir de là, j'ai du me soumettre à leur loi. J'ai intégré leur rang et suis devenu l'un d'entre eux. »
Il sentit la main de sa mère se serrer autour de la sienne. Il tenta de lui faire un sourire rassurant tout en enveloppant ses doigts fins.
« Cela ne prouve rien ! »

Akané soutint le regard de son père. L'affrontement silencieux aurait pu durer de longues secondes si la duchesse n'était pas intervenue.
- Où et quand es-tu né mon fils ?
- Je suis né au château familiale d'hiver, lors d'une journée de grand soleil, le 26 siriam 1532.
La femme lui sourit.
- A quel âge es-tu monté à cheval ?
- J'ai toujours eu une fâcheuse tendance à n'en faire qu'à ma tête. Je brandissais une épée en bois à trois ans et montait Augusto, mon poney, à quatre ans.
- Tout ceci ne vaut rien ! Tout le monde peut le savoir en discutant avec notre entourage !
- Hé bien, interrogez-le plus sûrement si vous avez de meilleurs idées ! »
Almara voulait retrouver son fils - son vrai fils - autant que sa femme, mais il devait aussi protéger sa famille et son honneur contre tous.

Safir détourna le visage, bouleversée. Elle semblait irritée par l'attitude d'Almara. Comme si tous ces doutes n'avaient aucun sens pour elle.
L'entretien fut interrompu par l'arrivé de Sano. Akané se leva pour aller à sa rencontre, s'entretint de sa santé, avant qu'Almara ne les interrompe. Le général commença à interroger son fils, mais à chaque réponse, il n'était pas satisfait. Miyazé s'y mit aussi, pour aider son père, mais les questions qu'ils posaient ne concernaient que les étapes de sa vie, des anecdotes quelconques que beaucoup de personnes pouvaient connaître.


- Akané, te souviens-tu du jour où mère nous a amené voir les étoiles ?
- Bien sûr, je… je devais avoir… cinq ans.

Ce souvenir semblait revenir du plus profond de son être. Un des souvenirs heureux et privilégiés avec leur mère. La plupart du temps, c'était leur nourrice qui s'occupaient de lui. Mais, ce soir-là, leur mère leur avait raconté le comte de « La montagne aux étoiles ». Elle les avaient fait veillé tard pour les emmené voir le ciel étoilé.
- Oui, c'est cela, confirma Safir. Miyazé en avait huit.
- J'ai été subjugué par le spectacle.
- Et te souviens-tu de ce que tu nous as demandé ?
Akané leva un sourcil, ne parvenant pas à savoir où son frère voulait en venir. Il fouilla dans sa mémoire. Il se repassa le déroulement de cette nuit d'été, tiède et agréable. Il se souvint soudain :
- J'ai vu une étoile filante et j'ai demandé de quel animal il s'agissait.
Miyazé sourit, visiblement amusé. Leur mère serra avec plus de force sa main. Akané se sentait... étrangement bien.
- C'est bien toi ! Je le savais !
- Mais… j'ignorai tout de cela ! Vous les aviez emmené en pleine nuit leur montrer les étoiles ?
Safir acquiesça :
- Hé oui, mon ami. Je ne vous conte pas tout, j'aurais trop peur de vous ennuyer.


Almara semblait s'être détendu.
- Trouve une anecdote pour moi, Miyazé !
Le jeune homme sembla longuement réfléchir. Akané en faisait autant mais lui et leur père s'était rarement trouvé en tête à tête durant toutes ces années. Et les seules fois que cela s'était produit, Almara était venu le houspiller.
- Le jour de ton départ, te souviens-tu de ce que je t'ai dis ?
Akané fronça les sourcils, et acquiesça.
- Oui, très bien même. Tu m'as sermonné !
Miyazé sourit :
« C'est vrai. Mais quel est le conseil que t'ai-je donné ?
- Tu m'as dis… que je devrais faire mes preuves, là-bas, et que si je m'assagissais suffisamment, je reviendrais vite. Tu as dis que je serais le porte parole de notre royaume, quelque chose comme cela. Je n'y ai pas trop prêté attention… »
Miyazé se tourna vers le chef de famille.
« Est-ce que cela vous suffit, père ? Ce sont mot pour mot ce que vous m'aviez chargé de lui dire. »

Akané papillonna des paupières. Son cœur s'emballa. C'était… un message de son père ? Pour lui ? Il n'avait jamais pensé à cette éventualité. Il avait été trop en colère à l'époque pour y penser, et il en avait trop voulu à ses parents pour la suite pour le comprendre.
Il tourna le visage vers son père, ses yeux semblant s'être adouci. Comme si une partie du voile qui les recouvrait d'habitude s'était levé.
Almara eut soudain les larmes aux yeux.
- Mon fils !
Il s'approcha et le serra dans ses bras, maladroitement. Akané répondit à son étreinte. Cela faisait une éternité que plus personne l'avait serré comme cela, couvé de toutes son affection et son amour. La dernière personne qui l'avait étreint comme cela était Sano Deï Lacq.

La petite famille discuta et ria longuement avant de se rappeler de la présence de Sano. Ils durent revenir à des choses plus sérieuse, comme écouter plus longuement l'histoire d'Akané et découvrir que non seulement le jeune noble était devenu un voleur très doué dans son domaine, mais qu'il était marqué à vie de son méfait. Les traces dans son dos étaient ineffaçables, tout comme le tatouage qui trônait sur son épaule.
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Le retour d'un duc perdu _ 24 nakav 1552

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